Les tables de Shepard

par Jean Marie Champeau 8 Décembre 2020, 20:32 illusion géométrique

Roger Shepard, scientifique américain, est à l'origine de cette illusion d'optique qui a été dévoilée pour la première fois en 1981.

Présentation de l'illusion

Un dessin présente deux tables apparemment différentes mais qui sont, en fait, identiques puisque les longueurs et les largeurs des 2 parallélogrammes sont égales !


Le site Reddit(voir sources) a publié une simulation pour prouver que ces deux tables font la même taille. On voit bien que les deux surfaces correspondent.

 

Explication de l'illusion

Les lignes obliques des parallélogrammes suggèrent une perspective, ce qui semble être le cas, mais les lignes de fuites ne sont pas concourantes en un point, elles sont parallèles et ainsi l’estimation des tailles et des distances faites par le cerveau est impossible.

Le parallélogramme est très utilisé à cause de son inclinaison : une simple rotation de cette figure et l'oeil perçoit une figure plus allongée. Mais c’est une figure qui n’existe pas dans les perspectives.

Conclusion

Par l’orientation des dessins en forme de parallélogrammes, on nous incite à la considérer l’image comme une perspective. L’égalité des surfaces des représentations est un montage artificiel habilement présenté comme une règle.

Pour prendre une analogie plus triviale c’est comme si on demandait l’âge du capitaine en voyant simplement le dessin d’un bateau.

Dans une perspective vraie, il est normal, même obligatoire que des objets identiques n’aient pas la même représentation s’ils ne sont pas dans le même plan. Les lignes de fuites se coupent toujours et ne sont jamais parallèles, ainsi les représentations ne sont jamais des parallélogrammes mais des trapèzes. Dans une vraie perspective l’égalité des surfaces des dessins prouverait, au contraire, que les tables sont différentes.
Ici, l’image qu’on nous présente est incohérente et impossible dans une perspective, si les tables sont rectangulaires. Il est impossible au cerveau d’analyser correctement la scène.

 

En revanche, l’image, sous couvert d’une illusion cognitive, en cache une autre, physiologique cette fois. Nous avons deux illusions pour le prix d’une.

En effet, se pose la question des deux parallélogrammes identiques dont on voit celui qui est placé verticalement, plus long que celui qui est horizontal. Cela renvoie à l’illusion du « T » inversé où les lignes verticales nous semblent plus longues de les lignes horizontales de même longueur, comme ici :

Les deux lignes ont la même taille.

 

L’explication réside, ici, dans le fait que le mouvement des yeux qui est lié aux lignes horizontales est plus facile à exécuter qu’un mouvement vertical.
L’œil met plus de temps à visualiser la ligne verticale. Le cerveau appréciant la longueur des lignes en fonction du temps de travail des yeux, lors d’une comparaison, cette dernière nous parait plus longue.
(il faut noter que cette forme donne lieu à un double effet d’augmentation de grandeur produit par la mise en relation entre la verticale, entière, et chaque demi-segment de l’horizontale. Le simple effet, serait plutôt illustré par un « L »)


Outre que nous voudrions trouver un sens dans ce qui n’en n’a pas, les fausses interprétations de notre cerveau sont aussi liées à notre corps lui-même.

 

ACCUEIL

 

Sources

https://www.planet.fr/magazine-illusion-doptique-quelle-est-la-table-la-plus-grande.1354815.6553.html

https://www.reddit.com/r/illusionporn/comments/6b50rs/shepards_table_gif_demonstration/?st=j2qdchht&sh=fe7c9690

https://tpe-les-illusions-d-optique.webnode.fr/

http://www.psy.ritsumei.ac.jp/~akitaoka/shikisai2005.html

Shepard, R. N. (1981) Complémentarité psychophysique. dans Kubovy, M. et Pomeranz, J. (Eds.), Perceptual Organization, Hillsdale, NJ: Lawrence Erlbaum Associates, pp. 279-341. (voir p.298)

En fait, ce phénomène a été démontré pour la première fois par Tatsro MAKINO en 1975 avant R.N. Shepard. (26 mars 2012)
Makino, T. (1975). Processus de comparaison en tant que facteur de relation taille-distance. Psychologia, 18, 104-109.

IVNO: Illusions Visuelles de Nature Optique

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