L’illusion de Müller-Lyer

par Jean Marie Champeau 6 Janvier 2021, 11:06 illusion géométrique

L'illusion de Müller-Lyer est très connue. Le psychologue et sociologue allemand Franz Müller-Lyer l'a décrite avec précision en 1889.

Présentation de l'illusion

Figure de Müller-Lyer : le segment AB a la même longueur que le segment BC.

L’illusion de Müller-Lyer ou illusion de Brentano est une illusion d'optique perceptive qui se résume à un dessin linéaire en flèche.
Un sujet à qui l'expérimentateur demande de placer une marque au milieu de la figure la pose invariablement plus loin de la pointe que le milieu repéré avec des instruments.

La preuve

Explication(s) de l'illusion

Dans un premier temps, les chercheurs ont examiné la stabilité et les conditions de réalisation des illusions et recherché la figure pour laquelle l'effet est le plus évident et universel.
On distingue l'élément déformé (la longueur) et l'élément déformant (ses terminaisons). Dans l'illusion de Müller-Lyer, on peut supprimer entièrement le dessin du segment, sans supprimer l'effet.

L'illusion de Müller-Lyer fait partie d'une vaste catégorie d'« illusions optico-géométriques » qui apparaissent dans un contexte strictement expérimental.
Dans ces illusions, on compare deux éléments identiques : les éléments test. A l’aide d’un élément tiers inducteur, l’un des éléments test subit une déformation et nous parait différent du premier.

Ici, dans l’illusion de Müller-Lyer les deux segments horizontaux qui composent les flèches (éléments test) nous semblent de dimensions différentes.

Cette expérience démontre clairement l'influence du contexte et la mise en œuvre d'un certain nombre d'heuristiques pour accélérer les traitements de l'information dans notre cerveau.
Dans notre cas, il s'agit de mécanismes utilisés pour la perception et l'interprétation des perspectives. L'erreur d'interprétation vient en réalité du fait que notre cerveau considère le segment avec les flèches tournées vers l'extérieur comme une arête(bord de tapis par exemple) avec des coins convexes et l'autre segment avec des flèches tournées vers l'intérieur comme une arête avec des coins concaves.

Si cela se produisait dans une situation réelle, l'interprétation heuristique de notre cerveau serait la bonne puisque effectivement, le bord du tapis serait de longueur inférieure à la taille du mur du fond comme le montre la figure ci-dessous.

 

De nombreuses variantes démontrent le même effet.  La longueur perçue d'un segment varie selon l'orientation des segments d'extrémité.

Conclusion

Cette explication est plus que vraisemblable car des études portant sur des populations d'origines différentes ont montré que la sensibilité à ce type d'illusion dépendait de l'origine des individus et de leur environnement.
Les habitants des grandes villes sont beaucoup plus sujets à ces illusions de perspective que des Inuits ou des tribus reculées d'Afrique. Cela démontre que notre cerveau utilise des informations contextuelles apprises lors de nos évolutions dans l’environnement de vie (immeubles et rues).


Il est intéressant de rapprocher cette illusion aux parallélogrammes de Sander, où là, l’élément (la diagonale) du côté de l’« inducteur sortant » semble, cette fois-ci, plus court. Mais là, une construction environnante participe à la tromperie.

Illusion de Sander
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