Le Canard-Lapin de Jastrow

par Jean Marie Champeau 8 Janvier 2021, 13:42 ambiguë

Le canard-lapin est une image ambiguë (et non une illusion) qui montre, selon le regard que l'on y porte, soit une tête de canard, soit celle d'un lapin.
Ce dessin a été publié le 23 octobre 1892 dans un journal satirique munichois, le Fliegende Blätter, avant d'être republié dans l'hebdomadaire new-yorkais Harper's Weekly. Son auteur est inconnu. Le psychologue américain Joseph Jastrow l'a reproduit en 1900  pour illustrer l'importance du cerveau et de la culture dans la perception visuelle.

Sans le savoir, l’illustre inconnu auteur de ce dessin, a griffonné ce qui allait devenir l’une des illusions d’optique les plus célèbres au monde.

Présentation de l’illusion

Illusion du Canard-lapin. Selon son regard, on peut voir à gauche le bec du canard ou les oreilles du lapin. Cette figure est réversible et bistable c'est-à-dire que l'on peut voir alternativement l'un ou l'autre animal mais jamais les deux simultanément.


Joseph Jastrow, connu pour ses dessins ambigus et ses illusions d'optique voulait, avec celui-ci, illustrer la question « croit-on ce que l'on voit, ou voit-on ce que l'on croit ? ».

Explication(s)

Techniquement, la figure du canard-lapin est une figure ambiguë (ou réversible ou bistable). Ce n’est pas une illusion.

Avec des figures telles que le cube de Necker et l'escalier de Schroeder, Jastrow a utilisé le lapin-canard pour faire valoir que la perception n'est pas seulement un produit du stimulus, mais aussi de l'activité mentale - que nous voyons avec l'esprit autant que l'oeil.

À l’époque, Joseph Jastrow avait reproduit le dessin du canard-lapin pour illustrer l’une de ses théories publiées dans Fact and Fable in Psychology. Dans cet ouvrage, le psychologue américain expliquait que l’important n’était pas de savoir si vous voyez d’abord un canard puis un lapin ou l’inverse, mais ce qui était révélateur, c’était la capacité de chacun à passer facilement d’un animal à l’autre.

D'un point de vue constructiviste, les illusions illustrent le rôle des inférences inconscientes dans la perception, tandis que les figures ambiguës illustrent le rôle des attentes, de la connaissance du monde et de la direction de l'attention (Long & Toppino, 2004).

Wittgenstein et le canard-lapin de Jastrow

Alors que la théorie de la psychologie de la forme considérait que les perceptions des objets n'étaient que des représentations innées, Wittgenstein a développé, à partir de ce dessin du canard-lapin, la notion d'« aspects » qui sont déterminés par des pensées et des associations.
Dans les Remarques sur la philosophie de la psychologie, Ludwig Wittgenstein se penche sur le problème perceptif du canard-lapin. Il fait observer que quelqu'un qui n'aurait jamais vu de lapin ni n'aurait la moindre idée de ce qu'est un lapin ne serait pas en mesure de voir l'aspect du lapin dans cette image.

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