Les illusions dans la guerre, 39-45, Demi échec à Aden

par Jean Marie Champeau 23 Juin 2021, 13:50 application guerre

 39-45, Demi échec à Aden

 

Dudley Clarke, by war artist Patrick Phillips (1945)
Dudley Clarke, par Patrick Phillips

Dudley Wrangel Clarke, est connu comme un pionnier des opérations de désinformation militaire au cours de la Seconde Guerre mondiale. 

 

Au début, Clarke travailla seul et en secret, sous le titre officiel "Officier du renseignement affecté aux tâches spéciales". Il n'avait ni personnel ni mandat officiel, et travaillait dans une salle de bains reconvertie au quartier général de l'armée britannique au Caire. 

 

Son rôle de couverture était un département régional pour le MI9, l'organisation la moins secrète chargée d'aider les militaires alliés dans les tactiques d'évasion. 

Force "A"

 

Dès le début de 1941, Dudley Clarke créa la "Force  A", basée au Caire, qui développa une grande partie de la tromperie alliée de la guerre. 

 

La hiérarchie de Clarke lui accorda trois officiers, plusieurs hommes enrôlés et une petite flotte de véhicules. 

Pour aider à la tromperie visuelle, il a fait appel à Victor Harry Jones, spécialiste des techniques de tromperie visuelle, et Jasper Maskelyne, le magicien de scène bien connu. 
Il a également recruté un officier des gardes écossais, le capitaine Ogilvie-Grant, pour gérer le travail d'évasion du MI9, qui a été adopté comme couverture.

Enfin, l’équipe bénéficie des services du major E. Titterington, à l'origine membre du Security Intelligence Middle East (SIME) de Raymond John Maunsell, sollicité pour obtenir l'aide dans la création de faux documents et « livrer » la désinformation à l'ennemi via ses agents doubles. 


Loin d'être une couverture symbolique, Clarke dirigea aussi le département au Moyen-Orient du MI9, en parallèle de son travail de tromperie, jusqu'en août 1944. 


La "Force  A" allait se frotter à sa première tromperie pour assurer le succès de "L’Operation Appearance

L'Operation Appearance

 

"L’Operation Appearance" du 16 mars 1941 était un débarquement britannique dans le protectorat du Somaliland contre les troupes de l'armée italienne qui l’avait conquis sept mois auparavant.

Les forces britanniques et du Commonwealth se sont entraînées à Aden pour une éventuelle invasion du Somaliland britannique. 


Au Caire, le général Archibald Wavell, GOC-in-C Middle East Command a concocté avec Dudley Clarke et sa  "Force  A", "l'Opération Camilla", une supercherie pour tromper les Italiens sur le transfert de troupes au Soudan

plan du Soudan et de l'Erythrée

 

L’Opération Camilla 

                

Somaliland

Le véritable plan pour reprendre le Somaliland britannique était basé sur une avance vers l'Érythrée depuis le Soudan et de là vers le Somaliland britannique.


"Camilla" a suggéré que les Britanniques avaient l'intention de reprendre le Somaliland britannique du nord avec un débarquement amphibie depuis Aden par les troupes indiennes déplacées d'Egypte et les troupes sud-africaines déplacées du Kenya.

 

Wavell approuva le plan "Camilla" le 28 décembre 1940.

Le mois suivant, Clarke supervisa l’opération de « deception » basée sur des raids aériens et maritimes sur le Somaliland britannique, la distribution de cartes et de brochures sur le Somaliland britannique aux troupes, une activité administrative intense à Aden, la création de liaisons radio pour des messages fictifs entre Aden, Nairobi, Pretoria et Delhi d'une part, et Le Caire et Khartoum d'autre part.


Des « fuites sécuritaires » ont été organisées en Égypte, Aden, Inde et Afrique du Sud, ainsi que des rumeurs en Égypte et parmi les troupes impliquées. 

La tromperie est complétée par l’accès à de fausses informations du consul japonais à Port-Saïd, et l'envoi de divers télégrammes privés indiscrets.
 

Un enseignement majeur
                                                              

"L'opération Camilla" a complètement trompé les dirigeants italiens, mais au lieu de déplacer leurs troupes du Somaliland vers le nord en face d’Aden pour s’opposer au potentiel débarquement amphibie, les Italiens se sont retirés d’Érythrée pour renforcer leurs positions générales au Somaliland

En conséquence, les italiens possédaient une plus grande force de résistance à l'objectif lorsque la véritable attaque britannique a eu lieu. 


De ce demi-échec, Clarke a tiré une première leçon, qu'il enseignerait à de nombreux autres officiers de tromperie pendant la guerre.

 

La clé d’une tromperie n'était pas de faire penser à votre ennemi ce que vous voulez, mais de lui faire faire ce que vous voulez.

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