Les illusions dans la guerre, 39-45, Un chiffon rouge pour le taureau nazi

par Jean Marie Champeau 3 Juillet 2021, 08:05 application guerre

39-45, Un chiffon rouge pour le taureau nazi

 

radio de l'Abwehr

Au matin du 14 janvier 1944, le Major Hermann Sandel est arrivé à son bureau sur Sophien Terrace à Hambourg et a reçu un un message:

« Hoerte, dass Eisenhower am 16, januar, England eintreffen wird »
(Entendu qu'Eisenhower arrivera en Angleterre le 16 janvier).

 

L'expéditeur du signal était A.3725, un des espions les plus productif de Sandel en Angleterre, le jeune Hollandais Hans Hansen. C'était le 935e message de Hansen à Hambourg depuis l'été 1940, alors qu'il avait été parachuté de nuit près de Salisbury. 

Miraculeusement, peut-être, A.3725 avait évité la capture, s’était fondu dans la population, et envoyait un flux de renseignements sur sa radio.

Bon vieux A.3725. Il avait refait surface. Le major Sandel a mis ce renseignements crucial sur le G-Schreiber, le téléscripteur à ligne directe, pour la distribution au Groupe 1 à "Belinda", nom de code du siège de l'Abwehr à Berlin

 

Ce que Sandel ne savait pas c’est que Hans Hansen avait été capturé peu de temps après son arrivée et « retourné », avec comme choix d’être pendu ou bien envoyer des bulletins de renseignements orchestrés par le SOE vers Hambourg

L’information, vraie, au Major Sandel qu'Eisenhower arrivait à Londres pour prendre en charge l'invasion de la Normandie était censée renforcer la crédibilité de Hansen auprès de l'Abwehr. 
                                                              
Laisser filtrer cette vraie information avait peu de conséquences. Dans quelques jours le monde entier seraient au courant du "secret", on pouvait bien en donner la primeur à Adolf Hitler.

Le débarquement se prépare

 

carte Fortitude Sud

À partir du moment où le commandant suprême Eisenhower est arrivé à Londres, le débarquement en Normandie, l’Opération Overlord a été au centre de tous les aspects de la guerre contre l'Allemagne nazie.

 

Malgré l'une des forces de frappe les plus énormes que l'histoire ait connu, l'assaut prévu à travers la manche était un sacré pari.

A moins qu'Hitler et ses généraux ne soient trompés sur la date et lieu du débarquement, les Alliés pourraient bien subir une sanglante défaite dont ils pourraient ne pas s’en remettre de si tôt. 


   

 

Dossier déclassifié Fortitude

 

Une opération à tromperies multiples appelée "Fortitude" avait pour but de conduire les Allemands à croire que le débarquement se tiendrait au mauvais endroit, au mauvais moment. 

 

Depuis la mer du Nord, avec "Fortitude Nord" jusqu’à la Méditerrannée avec "Fortitude Sud" de nombreux stratagèmes seront conçus pour induire l’ennemi en erreur.            

l’illusion

 

Le mur de l'Atlantique
Le mur de l'Atlantique

Ainsi commença le jeu de la grande illusion. Comme un gigantesque écran de fumée de nombreux stratagèmes ont été concoctés, derrière lesquels on amenait les Allemands à "deviner" des préparatifs pour une invasion quelque part en Europe occidentale.

 

Le but était de garder les Allemands dans la confusion et de les amener à étirer leurs forces le long d'un front de plus de Trois mille kilomètres, de la Norvège au Nord jusqu'au bout jusqu'à la frontière espagnole au Sud.

 

B29 Superfortress

Un des premiers stratagème a consisté à agiter un chiffon rouge. Le chiffon rouge n’était pas rouge mais brillant comme l’argent dans sa livrée d’aluminium. 

Il s’agissait d’un tout nouveau bombardier B-29 Superfortress, qui a été transporté des États-Unis à l'aérodrome de Bovington en Angleterre. 

 

L'énorme avion avait une envergure de 12 mètres de plus, et était deux fois plus lourd que les B-17 Flying Fortresses et les B-24 Liberators des États-Unis qui était utilisés pour des missions de bombardement par la Huitième Air Force, basée en Angleterre.

Bien que les bombardiers à longue portée B-29 soient construits aux États-Unis pour des missions contre les Japonais dans le Pacifique, l'apparition soudaine de la superforteresse en Angleterre devait conduire les services secrets allemands à croire que ces avions monstres, qui pouvaient atteindre presque n'importe quel point en Europe, allaient être utilisés pour couvrir de bombes tout le territoire du Troisième Reich.


Les artistes de la tromperie ont gambergé le stratagème en faisant semblant de cacher l'énorme avion.

 

Et pour s'assurer que la nouvelle de sa présence atteindra Berlin, l’attaché militaire espagnol à Londres, connu pour envoyer des rapports réguliers aux services de renseignement allemands via Madrid, a été "tuyauté" de la présence du B-29 par un officier britannique "ivrogne" lors d'une réception.

 

A une époque où les Allemands auraient pu se concentrer sur des mesures pour contrecarrer une invasion alliée imminente, le chiffon rouge avec des ailes a entraîné de nombreux remaniements des défenses aériennes allemandes et beaucoup de gaspillage d’énergie pour essayer d'en savoir plus sur cette nouvelle menace alliée sur le territoire d'Hitler.

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