Les illusions dans la guerre, 1797, C’est celui qui le dit qui y est

par Jean Marie Champeau 5 Août 2021, 11:34 application guerre

 1797, C’est celui qui le dit qui y est

 

Carregwastad Head, le lieu du débarquement des armées de William Tate 
Carregwastad Head, le lieu du débarquement

Pendant la Guerre de la Première Coalition, la France a tenté une invasion de la Grande-Bretagne. 

 

Au cours de la bataille de Fishguard de février 1797, le colonel William Tate, un irlandais-américain commandant les troupes françaises et irlandaises, débarqua sur les collines galloises près de Fishguard au Pays de Galles. 

 

Milices et civils anglais et gallois sous le commandement de John Campbell, 1er baron Cawdor se sont rassemblés à la hâte pour défendre la ville. 


L’expédition franco-Irlandaise, mal organisée et indisciplinée, constituée d’un ramassis de prisonniers politiques, de contrebandiers et de malfaiteurs sortis de leur prison, est assaillie par les paysans révoltés, hommes et femmes, qui sortent de toute part et qui, armés de fourches, de pelles et de pioches, attaquent les mercenaires.

 

Du côté des marins, le commandant de la flottille française, lève l’ancre immédiatement en prétextant que l’Angleterre était envahie et que sa mission était terminée. 
Dans la précipitation, William Tate, oublié et écœuré, reste sur place, en s’efforçant de discipliner le reste de ses troupes.

 

William Tate voit brusquement six cents hommes rassemblés à la hâte par lord Cawdor et composés de miliciens, de gardes nationaux, de marins et de gentilshommes suivis de leurs domestiques, et de deux canons, s’approcher des positions françaises. Cawdor a soutenu son bluff avec plusieurs mesures trompeuses. 

Costume traditionnel gallois
Costume traditionnel gallois

William Tate observe la colonne du haut d’une colline et voyant quelques tuniques rouges, suppose que cette armée était des Redcoats, soldats d’élite de la Grande-Bretagne. 

En réalité, il s'agissait des femmes en costumes traditionnels gallois et chapeaux gallois alignés sur les falaises près du camp français. De loin, les femmes semblaient être des soldats britanniques en manteaux rouges et Shakos. 

Convaincu qu'il était en infériorité numérique, Tate a demandé des conditions de reddition qui permettraient à son commandement de partir. 


Au lieu d'offrir des conditions, Cawdor a exigé une reddition inconditionnelle. 

Lord Cawdor répond à son tour par une lettre restée historique par son mensonge : «…vous n’êtes pas dans une situation qui vous permette de poser des conditions. J’ai sous mes ordres une force dix fois supérieure à la vôtre et plusieurs milliers d’autres soldats arriveront au lever du jour. Si vous ne vous rendez pas sans condition, nous attaquerons demain matin à dix heures… »

Jemima Nicolas
Jemima Nicolas

William Tate se laisse berner par l’audace de lord Cawdor et donne l’ordre à ses hommes de déposer les armes au lieu-dit Goodwick Sands, sous le regard triomphant des paysans et paysannes galloises revêtues de leur habit folklorique rouge. . . . 

 

Jemima Nicholas, 47 ans, était l'épouse d'un cordonnier de Fishguard. Lorsqu'elle apprit l'invasion, elle se dirigea vers Llanwnda, la fourche à la main, et rassembla douze Français. Elle les a « persuadés » de la raccompagner en ville, où elle les a enfermés à l'intérieur de l'église Sainte-Marie et est rapidement partie en chercher d'autres ! 

 

 

Tate se rendit et ses troupes furent faites prisonnières.

La pierre tombale de Jemima Nicholas
La pierre tombale de Jemima Nicholas

 

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