Les illusions dans la vie courante, les emplois verts

par Jean Marie Champeau 19 Janvier 2022, 10:06 vie courante

L’illusion des emplois verts

«On sait (sic), par exemple, que chaque mégawatt de solaire photovoltaïque permet de créer 9 emplois, en grande partie non délocalisables. Un MW équivaut à 3,3 emplois nouveaux dans l’éolien et à seulement 1 dans le nucléaire».

(Madame Sabine BUIS, Députée de l’Ardèche, le 14 octobre 2013.)


L’idée d’une création massive d’emplois générés par les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, a souvent été avancée. 

 

Les emplois verts sont écologiques sur au moins un point, ils s’évaporent dans l’air du temps, presque sans laisser de traces, si ce n’est celle de la désillusion. 

Une étude sur l’énergie renouvelable en Écosse intitulée «Le jeu en vaut-il la chandelle ?», par la firme de consulting Verso Economics, confirme ce qu’on a déjà observé en Espagne et dans d’autres pays, la création d’emplois «verts» détruit d’autres emplois via le diversion de ressources et la privation de sources abondantes d’énergies fossiles.

 

L’étude Verso a découvert qu’après la détournement de quelques £330 millions du reste de l’économie du pays, le résultat a été la destruction de 3,7 emplois pour chaque emploi «vert» créé.

 

L’étude conclut que «la politique consistant à promouvoir les énergies renouvelables a un coût d’opportunité direct de 10.000 emplois perdus en 2009-2010, dont 1.900 en Écosse».

 

Et c’est ainsi que les contribuables britanniques, et il en va de même en Europe et aux USA, sont forcés de subventionner des pertes nettes d’emplois dans une économie en difficulté.

 

En France, leur mise en place a pourtant été dénoncée en termes feutrés mais clairs par la Cour des comptes dans son rapport sur «la mise en œuvre par la France du paquet énergie-climat»[*] en décembre 2013. 

 

Mais qui lit les rapports argumentés de la Cour des comptes ? Je vous le demande.

 

Pendant ce temps les communiqués simplistes d’associations écologistes promettant monts et merveilles intéressent les médias et les élus pour faire rêver leurs lecteurs et leurs électeurs.


D’une part, c’est une farce parce que des groupes de pressions font miroiter des centaines de milliers d’emplois «nouveaux» censés être créés par les énergies renouvelables. Ainsi, le Syndicat des énergies renouvelables promettait 90.000 créations d’emplois, hors emplois induits, bien sûr, dans l’éolien et le photovoltaïque entre 2010 et 2020. 

 

Depuis, pour charger la barque, on a inventé le concept flou « d’emplois verdissants », ça permet d’y mettre tout et n’importe quoi. Du coup, il suffit d’un petit label « développement durable » pour avoir verdis des emplois. 

Comme ça d’un coup de baguette magique, on passe de quelques dizaines de milliers d’emplois directs supposés à des millions d’emplois « verdis ».

 

Le comparatif du nombre d’emplois par MW installé est tout simplement fantaisiste pour les trois raisons suivantes :
 

Emplois éphémères au montage 

 

L’éolien et le photovoltaïque ne créent que des emplois éphémères durant la période de montage et ensuite les mêmes équipes passent d’un chantier à un autre… jusqu’à ce que la filière cesse de construire et s’écroule, comme en Allemagne, puisque les subventions ne sont pas éternelles.

 

Ce ne sont donc pas des emplois proportionnels aux nombres de MW installés.
 

Peu d’emplois de fonctionnement

 

L’exploitation et la maintenance des installations vertes nécessite peu ou pas de personnel.

 

Les éoliennes sont télé-opérées et les panneaux photovoltaïques n’ont besoin de quasiment personne pour fonctionner.
 

Pas d’emplois de fabrication
Même EDF construit en Chine
Même EDF construit en Chine

 

Les emplois liés à la fabrication des panneaux photovoltaïques sont… en Chine et les composants des éoliennes sont fabriqués à l’étranger, au Danemark, ou en Allemagne.

AREVA s’apprête à quitter le segment après avoir essuyé de lourdes pertes financières.

 

Ainsi, l'essentiel de la fabrication se fait à l’étranger et grève notre balance commerciale.

 

Tragique conclusion
La boite de Pandore[**]
La boite de Pandore[**]

 

Il faut rappeler qu’un MW d’éolien ou de photovoltaïque installé ne produit pas la même quantité d’une électricité avec 20% de rendement. Elle est intermittente et n’offre pas les mêmes services qu’un MW de nucléaire qui, lui, n’est réellement pas délocalisable.

 

Mais peut-être faut-il restreindre sa consommation pour favoriser les énergies renouvelables si peu efficaces comme le proposait un député en se persuadant que : «l’énergie la moins chère, la moins polluante et la plus facile à entreposer reste celle qui n’est pas consommée». 

 

Le Nirvana sera atteint quand nous aurons cessé de consommer et… d’exister !

 

Faire croire que le remplacement du nucléaire par de l’éolien et du solaire va résorber une partie du chômage est une farce tragique. 

Certains même fondent leur métier sur les énergies renouvelables, avant de perdre leur emploi et leurs illusions.

 

Espérer réduire le chômage en construisant des éoliennes et du solaire photovoltaïque relève donc de… l’ILLUSION.
 

Et ce n’est pas le tour de passe passe des emplois « verdis » qui changera le fond du problème qui est très voisin de la notion de « contre-vérité », qui fut chère à Georges Marchais.

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ACCUEIL

 

[*] La mise en œuvre par la France du paquet énergie-climat.(cour des comptes 2013)

 

La cour des comptes met en lumière le tour de passe passe consistant à inclure dans le «scénario» un élément que les rédacteurs considèrent gratuit, c’est à dire la baisse de la consommation baptisée «sobriété», comparée aux autres volets du scénarios, qui eux, ont un coût. 

 

La cour insiste sur le fait que la diminution de la consommation est illusoire avec un accroissement de la population, et ne pourra qu’être imposée. Il est impossible que la «sobriété» n’ait pas un coût conduisant à des «mesures fiscales» comme on dit pudiquement. 

 

Extrait de «la mise en œuvre par la France du paquet énergie-climat» décembre 2013:

. . .

Tout d’abord, quelque positive qu’elle puisse être, l’ampleur même des créations d‘emplois apparaît au total limitée. En effet, l’accroissement attendu de la population active devrait être de l’ordre de 1,7 millions de personnes à l’horizon 2030, selon les dernières projections de l’INSEE. En n’absorbant virtuellement que 632 000 personnes, soit 37 % du surcroît attendu de main d’oeuvre à cet horizon, un tel scénario ne peut à lui seul suffire à stabiliser le chômage.

 

Pour faire un choix qui tienne compte de cette question, il faut alors mettre en regard le coût de l’investissement nécessaire à la trajectoire de transition énergétique et le mettre en regard des emplois créés. Or, ce coût ne peut apparaître dans cette approche et reste ainsi indéterminé
 

 

Il faut, ensuite, s’interroger sur le contenu du scénario qui est ainsi simulé à l’horizon 2030. C’est qu’en effet, comme le montre le tableau ci-dessus, l’emploi (« effet brut ») directement créé par la transition énergétique est relativement limité à 105.000 personnes, alors que l’emploi « induit » est très sensiblement plus important à 527.000.

 

Comme le note l’auteur, ceci est directement lié aux hypothèses du scénario Négawatt, dans lequel "une partie importante des économies d'énergie et de la baisse des émissions de gaz à effet de serre provient de la "sobriété", laquelle ne résulte pas de dépenses supplémentaires, contrairement aux deux autres volets de la "trilogie NégaWatt".

 

La sobriété détruit des emplois dans les branches qui fournissent l'énergie, mais réduit la facture énergétique, libérant du pouvoir d'achat qui sera dépensé dans d'autres branches, où il va créer des emplois. L'effet net sur l'emploi des actions de sobriété est alors positif si le contenu en emploi des branches énergie est inférieur à celui de la consommation des ménages en moyenne, ce qui est le cas selon les calculs de l’étude, négatif dans le cas contraire ». 

 

Outre que les hypothèses qui la permettent ont pu être parfois jugées volontaristes, voire contraignantes, économiquement parlant, la « sobriété » qui a un coût, ne pourra être limitée à des politiques réglementaires ou de sensibilisation et il faudra en assurer le financement soit par des mesures fiscales, soit en la faisant supporter par les consommateurs d’énergie. Ce financement, non pris en compte ici, viendra donc limiter sensiblement le gain virtuel de pouvoir d‘achat des ménages, et par conséquent aussi le nombre des emplois « induits ». 

. . .
Enfin, ce que montre clairement l’étude c’est que derrière l’effet global sur l’emploi, de très importants mouvements de main d’oeuvre devraient se produire au niveau des branches, certains positifs, mais d’autres très conséquemment négatifs. 

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[**] La boite de Pandore

Dans le langage moderne, une «boite de Pandore» est une métaphore qui se réfère à une source de complications sans fin, ou à des problèmes découlant d’une simple erreur. 

 

L’histoire de la fameuse boite de Pandore vient de la mythologie grecque antique, en particulier d’un ensemble de poèmes épiques d’Hésiode. Rédigés au VIIe siècle avant notre ère, ces poèmes racontent comment les dieux ont créé Pandora, et comment le cadeau que Zeus lui a donné mit fin à l’âge d’or de l’humanité.

 

Selon la mythologie grecque, Pandora était la première femme créée par Zeus. Elle a été créée pour punir l’humanité après que Prométhée eut volé le feu pour un usage destiné aux humains. 

 

Chaque dieu et déesse a ensuite donné à Pandora des cadeaux : la beauté, le charme, la musique, et d’autres talents incomparables. 
Le cadeau que Zeus à offert à Pandora contenait tous les maux du monde. Il lui a dit de ne jamais l’ouvrir. 

 

Cependant, elle ne put s’empêcher d’y jeter un coup d’œil furtif et, après l’avoir ouvert, aurait déclenché tout le mal qui existe dans le monde. 

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