Le biais de familiarité
Voici quatre entreprises américaines très connues dans leur secteur d’activité.
– Enron : Énergie
– Lehman Brothers : Finance
– MCI WorldCom : Télécommunications
– RadioShack : Commerce électronique
Outre le fait que ces entreprises se sont retrouvées sur la fameuse liste du Fortune 500 en l’an 2000, le classement des entreprises américaines selon leur chiffre d’affaires, qu’ont-elles en commun?
Voici la réponse.
Un grand nombre d’investisseurs ont perdu beaucoup d’argent en détenant leurs actions cotées en bourse.
A titre d’exemple, en 1999, l’action de MCI WorldCom s’est négociée au plus haut à 64,50 $ et, trois ans plus tard, elle s’échangeait à 0,06 $.
Depuis la première édition du Fortune 500 parue en 1955, seulement 61 entreprises ont été en mesure de demeurer au sein de ce prestigieux classement jusqu’en 2015.
Selon les bonnes pratiques financières, un investisseur devrait se comporter de manière rationnelle lorsque vient le temps de prendre une décision de placement.
Étant donné qu’il existe une multitude de possibilités permettant d’obtenir une position au marché boursier, l’investisseur n’a d’autre choix que de simplifier son processus de sélection.
Les études montrent qu’il privilégiera alors les entreprises qu’il connaît. Que ce soient les actions de l’entreprise qui l’emploie, d’une firme mentionnée régulièrement dans les médias financiers ou d’une compagnie qu’il affectionne, l’investisseur se sentira ainsi plus à l’aise.
Malheureusement, il s’exposera à un risque accru en se dotant d’un portefeuille concentré sur quelques valeurs.
Selon l’économiste et sociologue Herbert Simon, la rationalité de l’homme est limitée, il cherche plutôt le choix qu’il jugera satisfaisant.
C’est cette réalité qu’on appelle le « biais de familiarité ».
Le biais de familiarité consiste à faire davantage confiance à ce qui nous est familier, qu'on connaît même de manière vague, et à le favoriser par rapport à d'autres options.
Ce biais a été mis en évidence par les expériences des psychologues Chip Heath et Amos Tversky en 1991.
En effet, ces chercheurs ont constaté qu'entre deux paris offrant la même probabilité de succès, les individus vont choisir celui qu'ils connaissent le mieux.
On ne parle pas des choix faits pour des raisons objectives, comme le patriotisme par exemple, mais du reflexe inconscient qui pousse à surestimer ce qui est familier.
Choisir ce que l'on connaît le mieux est une façon de se rassurer.
Plus qu'une simple tendance comportementale, ce biais cognitif peut fausser notre jugement et conduire à de mauvaises évaluations ou à de mauvaises décisions. Il empêche de prendre de la hauteur et du recul pour pouvoir apprécier une situation.
Ce biais est inconscient car lorsque les personnes sont interrogées pour expliquer leurs préférences ou ce qui a guidé leur décision, elles répondent que leur choix est vraiment le meilleur ou le plus approprié, mais n'admettent pas que c'est l'habitude et la familiarité qui sont à l'origine de leur préférence.
Le biais de familiarité s’appuie sur la redondance d’un message, et une exposition prolongée à celui-ci.
En gros, plus le consommateur est exposé à une information, plus il a tendance à la considérer comme fiable.
Un internaute aura par exemple tendance à douter de la véracité d’un message annonçant le décès d’une star, si celui-ci n’est relayé par aucune autre source que celle dont il émane.
C’est grosso modo la même chose en marketing.
Pourquoi ça marche ?
Tout simplement parce que plus un consommateur est exposé au message, plus son cerveau va le mémoriser. Il faut, au minimum, répéter 7 fois une information pour que le récepteur la retienne.
C’est donc généralement le produit pour lequel il aura vu le plus de publicité que le consommateur va acheter.
Et c’est comme ça que les enseignes les plus célèbres deviennent aussi les plus vendues.
Les choix des consommateurs se portent naturellement sur les marques qu'ils connaissent le plus, même s'ils ne les ont jamais essayées, ne les connaissant que par la publicité, d'où le matraquage publicitaire auquel se livrent les grandes firmes.
La répétition ne transforme pas un mensonge en vérité.
Franklin Roosevelt
Et pourtant . . . .!
biaisfamiliarite
Sources
https://www.toupie.org/Biais/index.html
https://bridgehousecanada.com/wp-content/uploads/michel-villa-assets/familiarite.pdf
http://www.espritvagabond.fr/biaisdefamiliarite
https://fr.wikipedia.org/wiki/Heuristique_de_jugement
https://www.apprentimillionnaire.com/biais-cognitifs/
https://fannycaiazzo.fr/6-biais-cognitifs-incontournables-pour-votre-marketing/
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Les marques connues
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Confiance en une connaissance
Campagne de pub
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