Les illusions, le biais de l’immunité à l'erreur

par Jean Marie Champeau 10 Mai 2022, 13:08 biais de jugement

 

Le biais de l’immunité à l'erreur

 

 

On a tous vu la liste des articles du Règlement du Chef. 

 

Du point de vue du Chef, les 3 premières règles posent le principe fondamental dont découlent tous les articles suivants: Le biais d'immunité à l'erreur.

 
Le biais

Le biais d'immunité à l'erreur est la tendance à penser qu'on ne peut pas se tromper ce qui conduit souvent à se surestimer, à ne pas apprendre de ses erreurs et donc à ne pas progresser. 

 

Il est très répandu notamment chez les hommes politiques, les meneurs d'hommes ou les guides spirituels.

 

S’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, ce n’est certainement pas de sa faute.


Sans être nécessairement une dérive égocentrique, ce biais révèle une tendance nette chez les êtres humains à préserver leur égo.

 

L’immunité à l’erreur est ni plus ni moins qu’une sorte de mécanisme de protection qui détourne l’attention vers des causes externes à soi face à des difficultés.

 

En effet, il pourrait être déstabilisant de constamment se remettre en question. 

 

Le mécanisme du biais prend sa source dans l’image positive que l’on veut projeter vers son entourage.

 

Chez beaucoup de personnes, en particulier en milieu professionnel, il existe une forte tendance à projeter une image de force et d’assurance qui font l’objet d’un dosage «tactique» selon les circonstances. 

 

Mais, c’est lorsqu’on s’éloigne des choix comportementaux tactiques conscients, que le biais de l’immunité à l’erreur s’immisce dans les processus décisionnels et que les problèmes surviennent.

 

On est leurré par son propre cerveau qui force à regarder ailleurs qu’en soi-même pour expliquer les difficultés éprouvées.

L'échec d'une fusée qui retombe.
échec


Outre la recherche de causes externes, un certain nombre de stratégies sont mises en fonction pour masquer l’échec.

 

Ce dispositif est d’autant plus fort que l’on s’est fortement investi dans la tâche. 

 

On changera de conversation, on détournera l'attention de l'interlocuteur, on minimisera les faits pour éviter toute contradiction ou on utilisera la langue de bois et de circonlocutions.

S’il suffit d’écouter nos politiciens pour avoir de beaux exemples de ces stratagèmes, on se délectera des conseils prodigués par Arthur Schopenhauer écrits vers 1830, et qui furent publiés sous le titre « L’Art d’avoir toujours raison ».


    • Stratagème I           - L’extension
    • Stratagème II          - L’homonymie
    • Stratagème III         - La généralisation des arguments adverses
    • Stratagème IV         - Cacher son jeu
    • Stratagème V          - Faux arguments
    • Stratagème VI         - Postuler ce qui n’a pas été prouvé
    • Stratagème VII        - Atteindre le consensus par des questions
    • Stratagème VIII       - Fâcher l’adversaire
    • Stratagème IX         - Poser les questions dans un autre ordre
    • Stratagème X          - Prendre avantage de l’antithèse
    • Stratagème XI         - Généraliser ce qui porte sur des cas précis
    • Stratagème XII        - Choisir des métaphores favorables
    • Stratagème XIII       - Faire rejeter l’antithèse
    • Stratagème XIV       - Clamer victoire malgré la défaite
    • Stratagème XV        - Utiliser des arguments absurdes
    • Stratagème XVI       - Argument ad hominem
    • Stratagème XVII      - Se défendre en coupant les cheveux en quatre
    • Stratagème XVIII     - Interrompre et détourner le débat
    • Stratagème XIX       - Généraliser plutôt que de débattre de détails
    • Stratagème XX        - Tirer des conclusions
    • Stratagème XXI       - Répondre à de mauvais arguments par de mauvais arguments
    • Stratagème XXII      - Petitio principii
    • Stratagème XXIII     - Forcer l’adversaire à l’exagération
    • Stratagème XXIV     - Tirer de fausses conclusions
    • Stratagème XXV      - Trouver une exception
    • Stratagème XXVI     - Retourner un argument contre l’adversaire
    • Stratagème XXVII    - La colère est une faiblesse
    • Stratagème XXVIII   - Convaincre le public et non l’adversaire
    • Stratagème XXIX     - Faire diversion
    • Stratagème XXX      - Argument d’autorité
    • Stratagème XXXI     - Je ne comprends rien de ce que vous me dites
    • Stratagème XXXII    - Principe de l’association dégradante
    • Stratagème XXXIII   - En théorie oui, en pratique non
    • Stratagème XXXIV   - Accentuer la pression
    • Stratagème XXXV    - Les intérêts sont plus forts que la raison
    • Stratagème XXXVI   - Déconcerter l’adversaire par des paroles insensées
    • Stratagème XXXVII  - Une fausse démonstration signe la défaite
    • Ultime stratagème    - Soyez personnel, insultant, malpoli

 

moralité
doigt qui pointe vers le bas.
moralité

 

Dans le domaine typique des négociations commerciales, un négociateur consciencieux ne devrait jamais hésiter à s’interroger sur son propre apport à l’entrevue afin de comprendre pourquoi il y a des blocages imprévus. 

 

Ce faisant, il minimisera le risque du biais de l’immunité à l’erreur. 

 

Bien évidemment, comme nous tous, il devra trouver une façon de préserver son image de marque dans l’hypothèse où il constate qu’il est responsable des difficultés vécues.

 

 

Quant à nous, on s’en fout, c’est les autres qui ont tort.

J'ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas.

Michel Audiard

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