Les illusions, l'effet d’influence continue

par Jean Marie Champeau 28 Janvier 2023, 03:00 biais de jugement

 

L'effet d’influence continue

 

Au cours d’une expérience, on raconte l’histoire d’un incendie à des auditeurs:

 

« Il s’agit d’un immeuble de bureaux dont certains étaient en travaux.

Il existait sur les lieux, un placard où auraient pu être entreposés des seaux de peinture et des bonbonnes de gaz. 

L’incendie a provoqué une épaisse fumée noire qui a ravagé la quasi totalité de l’immeuble. 

Selon les pompiers, qui ont inventorié les locaux incendiés, le placard en question était vide. » 

 


Pour 90% des participants, la cause est entendue : ce sont les bonbonnes et les seaux de peinture qui sont responsables de l’incendie, même si on nous dit que le placard était vide. 

 

C’est L'effet d’influence continue.

 

Le biais

 

Mythe.
mythe


 

L'effet d’influence continue est la tendance à croire l’information antérieure même si elle est fausse et même si elle a été corrigée.

 

Avec cet effet, même si on apprend que l’événement s’avère faux ou sans fondement, l'information discréditée continue d'influencer le raisonnement et la compréhension.

Ce biais participe à la propagation de la rumeur.

 

Si un mythe cadre bien avec "la logique des évènements" telle que notre cerveau l’a construite, il est très difficile de l’en déloger. 

 

 

 

L’information de départ, même contredite, continue d’influencer notre raisonnement car elle bénéficie du biais d’ancrage.

 

Le biais d’ancrage.
aller voir

 

 

Pour plus de détails sur le biais d’ancrage on peut aller voir l’article là. . .

 

 

Un autre facteur de résistance à la correction d’une fausse information, est la répétition. A force d’avoir été répétée, une idée acquiert une crédibilité. Or plus quelque chose nous semble familier, plus nous avons tendance à le croire. C’est l’effet de réitération appelé encore "effet de vérité illusoire". 

effet de vérité illusoire
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Pour plus de détail sur l’effet de vérité illusoire on peut aller voir l'article là. . . 

 

Moralité

 

Faux.
faux


Non, écouter Mozart lorsque vous êtes enceinte n’augmentera pas le QI de votre enfant à naître !

 

La prolifération des rumeurs, des fake news, des bobards purs et simples est devenue une préoccupation pour bien des spécialistes en sciences politiques et en communication.

 

Les nouveaux canaux d’information numériques ont offert visibilité et influence à toute sorte d’agitateurs. Ils ont donné au vieux phénomène de la rumeur une capacité de prolifération inédite. Sans compter les trolls professionnels dont on ne sait pas toujours qui les agite.

 

La persistance des rumeurs déstabilise nos démocraties en hystérisant nos débats. Les régimes totalitaires l'avaient fort bien compris.

 

Mais. . .à qui la faute ?

 

Si les médias faisaient correctement leur métier, le phénomène s’éteindrait de lui même.
La plupart des médias se font même les complices, conscients ou inconscients, du développement de fausses nouvelles.

 

Outre de ne plus toujours vérifier leurs sources, dans le cas où ils ont diffusé une fausse information, ils publient quelquefois un petit démenti en page intérieure, alors que l’information initiale, qui s’est avérée fausse, a fait l’objet d’une couverture, disons, beaucoup plus large.

 

En plus, en affublant certaines informations du doux nom de "faits alternatifs", ils emboîtent le pas des propagandistes de tous poils qui rebaptisent les choses pour en édulcorer l’apparence, façon Novlangue chère à Orwell.  

 

Pour combattre ce qu’ils appellent les "fake news", certains ont même conçu des logiciels tels Go Viral!, et son cousin, le jeu Bad News, qui misent sur l’inoculation active, dite "pre-bunking" pour aider à repérer les tentatives de manipulation. «On demande aux gens de générer leurs propres contre-arguments contre la désinformation. On leur propose donc de raisonner activement pour comprendre pourquoi quelque chose est trompeur ou manipulateur, et de modifier leurs croyances en conséquence».

 

Le pre-bunking se veut un complément au debunking, une méthode visant à démythifier les rumeurs et les fausses nouvelles. 

 

Plusieurs médias s’en sont fait une spécialité, puisqu’il est plus facile de chercher la paille dans l’oeil de son auditeur que la poutre dans le sien. Mais, de leur propre aveu, il y a des limites à la portée de cette méthode car elle exige beaucoup de travail de la part des journalistes(!).

 

Faute de quoi, le debunking pourrait bien provoquer l’inverse des effets voulus.

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