L’illusion Guillaume de Kostrowitzky
11 novembre 1918, alors que ses amis viennent saluer sa dépouille, les Parisiens défilent sous ses fenêtres en criant "À mort Guillaume !", faisant référence non à Guillaume de Kostrowitzky, décédé 2 jours plus tôt, mais à l'empereur Guillaume II d'Allemagne qui vient d’abdiquer.
Certains noms sont un peu longs et donc difficiles à retenir. Si on parle de Guillaume de Kostrowitzky, tu auras probablement oublié comment l’écrire.
Pourtant, Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky est un poète et écrivain naturalisé français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le 26 août 1880 à Rome.
En juillet 1901, il écrit son premier article pour Tabarin, hebdomadaire satirique dirigé par Ernest Gaillet, puis en septembre 1901 ses premiers poèmes paraissent dans la revue La Grande France sous son nom Wilhelm Kostrowitzky.
C’est à cette époque, conscient que son patronyme n’est pas facile à mémoriser, qu’il prend un pseudonyme d'après le prénom de son grand-père maternel :
Apollinaire
/image%2F6172132%2F20241004%2Fob_c50752_manuscrit-de-sous-le-pont-mirabeau-av.jpg)
Considéré comme l'un des poètes français les plus importants du XXe siècle, il est l'auteur de poèmes tels Zone, La Chanson du mal-aimé, Le Pont Mirabeau, ayant fait l'objet de plusieurs adaptations en chanson au cours du siècle.
Il expérimenta un temps la pratique du calligramme, terme de son invention, quoiqu'il ne soit pas l'inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes.
Reconnais-toi.
Cette adorable personne c’est toi.
Sous le grand chapeau canotier
Oeil Nez La Bouche.
Voici l’ovale de ta figure Ton cou Exquis.
Voici enfin l’imparfaite image de ton buste adoré.
Vu comme à travers un nuage.
Un peu plus bas c’est ton coeur qui bat.
Il accepte en 1907 l’offre de son ami Géry Pieret, un joueur de billard belge qu’il héberge chez lui.
Les deux hommes s’étaient rencontrés quelques années auparavant alors qu’ils travaillaient dans le même établissement. À l’époque, Pieret avait été renvoyé pour une sombre affaire de chantage.
Géry lui propose pour une bouchée de pain, des statuettes ibériques sorties de nulle part. Apollinaire accepte et décide de les revendre à un ami à lui, un artiste qui est en train d’inventer le cubisme : Pablo Picasso.
Même si Apollinaire n’ignore pas les penchants de son ami pour le jeu et l’escroquerie, ce personnage fantasque le fascine inconditionnellement, il s’en inspirera d’ailleurs pour écrire un de ses personnages, et l’engage même comme secrétaire pendant un temps.
Quatre ans plus tard, on s’aperçoit au Musée du Louvre que La Joconde a disparu !
Le scandale éclate et le directeur du Louvre, Théophile Homolle, est contraint de démissionner.
Suite au vol, le musée décide de procéder à un inventaire complet de ses collections. Le bilan est effrayant : plus de 300 pièces manquent à l’appel !
Parmi elles, les statuettes que Pieret avait revendues à Picasso par l’intermédiaire d’Apollinaire quelques années plus tôt.
Paniqué, Apollinaire réalise qu’il a recelé des pièces volées et informe Picasso de la situation.
Dans un premier temps, ils se dirigent vers la Seine pour les jeter puis changent d’avis et font demi-tour. Scrupule artistique ? Finalement, au petit matin, ils décident de se rendre à la rédaction de Paris-Journal, ils y déposent les sculptures et chargent les journalistes de les restituer au musée… en toute discrétion.
Le secret est éventé dès le lendemain et Apollinaire est arrêté par la police. Il est emprisonné pour recel à la Santé début septembre, tandis que Picasso est longuement interrogé.
Après enquête, il apparaît enfin que les deux artistes n’ont rien à voir avec le vol de La Joconde et sont finalement relâchés.
/image%2F6172132%2F20241004%2Fob_1f5aa7_main-fantome-h20.png)
Pendant la grande guerre, Guillaume Apollinaire veut s'engager dans l'armée française dès 1914, mais ne possède pas la nationalité française et doit être naturalisé.
Il est tout de même affecté en décembre 1914 dans l'artillerie et continue d'écrire. Transféré dans l'infanterie en 1915, il est naturalisé en début d'année 1916. Il est blessé quelques jours plus tard par un éclat d'obus.
Après des mois de convalescence, il se remet à écrire et crée le terme de "surréalisme" dans une lettre au poète Paul Dermée. En 1917, Apollinaire sort une pièce de théâtre dédiée à ce nouveau mot: "Les mamelles de Tirésias".
Le 19 juin 1917, réformé au combat, il est rattaché au ministère de la Guerre qui l'affecte à la Censure.
Mais affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 chez lui, 202 boulevard Saint-Germain, à Paris emporté par la grippe espagnole, deux jours avant la fin de la guerre.
/image%2F6172132%2F20241004%2Fob_9b9f1d_petit-plus-h10.png)
illusionguillaumeapollinaire
guillaumeapollinaire
albertvladimiralexandreapollinaire
dekostrowitzky
guillaumedekostrowitzky
Sources
https://sherpas.com/blog/ecrivains-pseudonymes/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire
https://fr.wikipedia.org/wiki/Calligramme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Pont_Mirabeau
https://www.vice.com/fr/article/comment-apollinaire-et-picasso-furent-accuses-du-vol-de-la-joconde/
/image%2F6172132%2F20241004%2Fob_04e547_point-h20.jpg)
couverture
L’oiseau et le bouquet
Manuscrit de Sous le pont Mirabeau avec la ponctuation.
Par Stefan jaouen — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=83831187
Le calligramme de Guillaume Apollinaire, Reconnais toi.
Par Guillaume Apollinaire — Source, Domaine public,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=169158
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/99/Calligramme.jpg
Tête masculine et Tête féminine, IIIe siècle av JC, Espagne, Musée d’Archéologie Nationale, Domaine de Saint-Germain-en-Laye
https://mieuxvautartquejamais.com/wp-content/uploads/2019/05/statuettes-ibecc81rques-picasso.jpg
L’emplacement vide de La Joconde au Louvre en 1911
https://www.vice.com/wp-content/uploads/sites/2/2017/03/1490968760332-mur-vide.jpeg
Guillaume Apollinaire en 1916, blessé.
Par Credit: Photo (C) Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / René-Jacques — Agence Photographique de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Elysées, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=38966661
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/49/Guillaume_Apollinaire%2C_c._1916.jpg
/image%2F6172132%2F20230329%2Fob_e4bc25_photo-1633889222252-a79bdc892e5c-rt1-r.jpg)
/image%2F6172132%2F20231109%2Fob_b0ef96_les-articles-les-plus-populaires-large.png)
/image%2F6172132%2F20230707%2Fob_67fb6b_dsc-0151-rt-red115.jpg)
/image%2F6172132%2F20210506%2Fob_920259_illusions-d-optique-plan.png)
/image%2F6172132%2F20221204%2Fob_a85c0a_trait-fin-court-bleu.png)
/image%2F6172132%2F20220204%2Fob_03ee24_cone-nuage-pexels-rakicevic-nenad-1262.jpg)
/image%2F6172132%2F20220211%2Fob_78e73d_pixnio-2eca23e2-54c0-416f-b8f2-10bc883.jpg)
Haut de page