L’illusion Olivier Gloux
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Olivier Gloux, fut un écrivain français à la vie démesurée et probablement en partie inventée.
Il fut un grand auteur de romans d’aventures dans l’Amérique du 19e siècle, souvent publiés en feuilleton dans les journaux Le Moniteur, La Presse ou La Liberté.
Né à Paris en 1818, ses parents étaient inconnus. Ce n’est qu’après sa mort que l’on découvrit que son père s’appelait Sébastiani, qui, après avoir été général, fut ensuite ambassadeur et ministre de Louis-Philippe. Selon le New York Times du 9 juillet 1883, sa mère se nommait Félicité de Faudoas, mariée avec Anne Jean Marie René Savary, duc de Rovigo.
Abandonné par ses parents "biologiques"(*1), il fut adopté par la famille Gloux, qui lui donna le prénom d’Olivier. Mais le jeune Olivier était un enfant turbulent et rebelle, il s’enfuit à 9 ans du domicile de sa famille adoptive, et s’engagea comme mousse sur un bateau.
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(*1) En attendant parent 1 et parent 2.
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A dix-sept ans, il s’engagea dans la Marine royale. Mais, rétif à l’autorité, il subit de nombreux châtiments corporels, dus à son indiscipline.
C’est pourquoi il finit par déserter au bout de quatre ans, en 1839, au Chili. Il avait 21 ans.
Alors commença sa vie aventureuse et peut-être en partie fantasmée. Il aurait participé, le conditionnel est de rigueur, aux mouvements luttant contre le dictateur argentin Rosas, et écuma les tavernes d’Amérique du Sud.
Un jour, il gagna au jeu une forte somme, qui lui permit de s’acheter une goélette. Il se fit alors pêcheur de perles dans le Pacifique, puis, pour une raison inconnue, on le retrouva trappeur au Mexique, on disait coureur des bois. Il se frotta aux Indiens, notamment aux Apaches, mais vécu chez des Comanches pendant près de quatre ans. Il y prit femme.
Soudain, en 1847, il revint en Europe, où il parcourut l’Espagne, l’Italie, la Suisse, poussa jusqu’en Turquie, où il s’engagea pendant un temps, au côté de l’imam Shamill, le chef de guerre du Daghestan, contre les Russes dans le Caucase.
En 1848, sa désertion amnistiée, il fut garde national à Paris. Mais assez vite, il retourna au Mexique, qui semblait lui manquer, dans le sillage des tous ces français attirés par la découverte de l’or en Californie.
Au Mexique, il fit partie d’un groupe de mineurs dont le chef du groupe, le comte Raousset-de-Boulbon, qui avait décidé de "libérer le pauvre peuple" trahi par le gouvernement mexicain. Les aspirants mineurs se transformèrent en "conquérants" et réussirent même à occuper la petite ville de Hermosillo non loin des Etats Unis, mais les Mexicains reprirent la petite ville.
De retour en France, en 1852, l'auteur décrivit cette "conquête" dans Curumilla. En 1854, il épousa une artiste lyrique de son âge, Adèle Demoreau.
Il commença à publier ses textes qui connurent un grand succès : le premier est La Tour des hiboux, dans Le Journal pour tous du 9 février 1856. Son récit le plus fameux, Les Trappeurs de l’Arkansas, fut publié deux ans plus tard, en 1858.
Bien que son patronyme d’adoption fût Gloux, son nom réel était Olivier Aimard. Il se donna lui-même le prénom de Gustave, et ses publications furent signées Gustave Aimard, qui devint son patronyme officiel.
Membre de la Société des Gens de Lettres, il écrivit beaucoup. Et vite : douze romans d'aventure en 1867, qu'il fit paraître en feuilletons dans les journaux, comme Le Moniteur, la Presse ou La Liberté.
L’homme était patriote. En 1870, il fit parler de lui à nouveau.
Pendant la guerre franco-prussienne, il attira l’attention d’une bande de journalistes.
Il créa un Corps des francs-tireurs de la Presse pour lutter contre les Prussiens. Mais, tombé malade, il se démit de son commandement assez rapidement.
En revanche il relata quelques histoires patriotiques sur cette guerre (La Guerre sainte en Alsace en 1871, Les Scalpeurs blancs et Les Aventures de Michel Hartmann en 1873).
En 1879, paraît sous la double signature de Gustave Aimard et Jules Berlioz d’Auriac, Jim l’Indien, comme onze autres romans publiés chez l’éditeur Degorce-Cadot. Mais en cette fin de décennie, l’auteur voit sa notoriété diminuer, ainsi que ses ventes.
Cette année là, il part pour Rio de Janeiro. Les journaux annoncent l’arrivée du célèbre Français.
Il y loue une chambre et le "beau monde de presse" de Rio y défile. Aimard a écrit un journal sur son voyage, Mon Dernier Voyage, Le Brésil Nouveau.
À la fin de sa vie, en 1883, à peine deux ans après son retour de l’Amérique latine, Aimard fut admis à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, car, sans le sou, il avait la folie des grandeurs. Il y décéda le 20 juin de la même année.
Inhumé d’abord au cimetière d’Ivry, son corps fut transféré des années plus tard dans le caveau de la famille de sa femme, née Damoreau, au cimetière d'Écouen en région parisienne.
À travers toutes les séries qu’il a écrites, comme un fil rouge, dans la plupart des cas par la voix de son alter ego, Gustave Aimard témoigne de la recherche de sa famille biologique. Presque dans tous les livres, l’on trouve le thème de l’enfant abandonné ou adopté.
Mais ce qui l’a fait connaître et reste de loin son œuvre la plus importante et la plus renommée, c’est son apport au Far-West (*2).
Ses romans trouvent place dans toute l’Amérique, de la Patagonie, et plus généralement l’Amérique du Sud et le Canada.
D’ailleurs leurs titres tracent un portrait de cette Amérique : Les Bandits de l’Arizona, Les Flibustiers de la Sonora, Les Outlaws du Missouri, Les Trappeurs de l’Arkansas, mais aussi Les Pirates des prairies, Le Batteur de sentiers ou Les Bisons blancs.
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(*2) le mot "western" n’est venu qu’après 1900, avec le cinéma, et cela racontait autre chose.
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Gustave Aimard est encore lu au 21e siècle.
Les auteurs de littérature populaire du 19e siècle ne sont pas nombreux à connaître cette pérennité.
Après avoir été considéré en son temps à l’égal de ses contemporains Eugène Sue ou Paul Féval, il continue, de façon certes moins ample, à être apprécié par le lectorat d’aujourd’hui, en offrant son lot d’aventures et de Far-West, a contrario de la mythologie du western.
Les Trappeurs de l’Arkansas ont par exemple connu une trentaine de rééditions, dont deux depuis une vingtaine d’années (2001 et 2018).
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Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Aimard
https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/gustave-aimard-1818-1883
https://www.babelio.com/auteur/Gustave-Aimard/19308
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_de_Raousset-Boulbon
https://fr.wikipedia.org/wiki/Comanches
https://fr.wikipedia.org/wiki/Chamil
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Couverture
Portraits de Gustave Aymard, XIXe s.
https://gallica.bnf.fr/accueil/sites/default/files/aymard-une.jpg
Gustave Aimard
https://www.babelio.com/users/AVT_Gustave-Aimard_4544.jpg
Couverture du roman de Gustave Aimard, Le chasseur de rats, illustré par Georges Conrad.
Par Georges Conrad — Le Chasseur de rats, par Gustave Aimard, Fayard, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=147324213
annonce dans l’Oeuvre en 1870
L'annonce de la création du corps des Francs-tireurs dans l’Oeuvre en 1870.
Uwat (Comanche), photographie d'Edward Curtis, 1930.
Par Edward Sheriff Curtis — This image came from The North American Indian by Edward S. Curtis. These images were published between 1907 and 1930.The digitization of this image was done by the Northwestern University Library, sponsored by the U.S. Library of Congress. Credits: Northwestern University Library, "The North American Indian": the Photographic Images, 2001., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=95385
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/24/Edward_S._Curtis_Collection_People_085.jpg
Couverture de l’édition originale du roman Les trappeurs de l’Arkansas.
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