L’illusion Léopold Faure
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Léopold Faure fut un écrivain français du 20e siècle.
Pourtant natif du Dauphiné, Léopold, passa sa jeunesse en Auvergne, dans la ville de Thiers, où son père, Albert Faure, était professeur de lycée.
C'était un élève brillant, très tôt tourné vers la littérature.
À l’âge de 18 ans, il gagna Paris pour y suivre un enseignement universitaire de lettres et de droit.
En 1923, il signa son premier article dans Le Petit Dauphinois à propos de l’avocat, romancier savoyard Henry Bordeaux.
En attente de titularisation dans l’administration des Finances, il en démissionna très vite en 1925, Deux ans plus tard, il fit son service militaire(*1) dans les chasseurs alpins de Chambéry.
Élève officier de réserve, il intégra, l’École Militaire de Saint-Maixent pour servir en situation d'activité avec le grade de lieutenant.
La déclaration de guerre de 1939, le conduisit à Lunéville, comme officier adjoint au commandant du parc de chars de combat de la Ve armée, en la circonstance, le colonel Charles de Gaulle.
Léopold, garda de l'homme une impression très forte qu’il restitua, non sans une évidente distance ironique, dans un de ses romans.
Mis en congé d'Armistice, il fut affecté à Tarbes, puis, le 7 avril 1941, à l’Établissement central de Cavalerie à Lyon.
Séduit par l'Organisation de résistance de l'armée, il put ainsi participer aux actions du "Camouflage du matériel" qui refusait de livrer toutes armes aux autorités d’occupation.
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(*1) Eh oui, à l’époque c’était normal. Personne ne se posait de questions hormis certains politisés qui ont fini par le faire supprimer par des édiles arrivistes au prétexte que sans cela la "défense" aurait plus de moyens. On voit ce qu’il en est !
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Malgré l'état de la France, peut être même à cause de celui-ci, il entama une activité d'écriture.
En 1943, il publia son premier roman, Samson a soif.
Léopold Faure pensait réutiliser le pseudonyme d'Yvan Kalinine avec lequel il avait déjà publié en 1938, mais comme l’éditeur lui fit remarquer que porter le nom du président du soviet n’était pas très indiqué à cette époque, il proposa "Molaine", le nom d'un vent de la Savoie, d'où Faure est originaire et comme prénom, Pierre puisque c’était une sorte de baptême.
Immédiatement après cette parution, l’auteur se vit interdit de toute publication par les autorités allemandes d'occupation et l'ouvrage subit, dans le Petit Parisien, les foudres de l'écrivain-collaborateur Robert Brasillach.
Bien qu’interdit, Molaine tenta de publier un nouveau roman, Violences, mais plusieurs milliers d'exemplaires furent saisis par la Gestapo, et les plombs d’imprimerie détruits par les Allemands. Il fallut attendre 1945 pour que, daté de 1942, l'ouvrage puisse être définitivement publié.
En 1944, il épousa France Chambost, leurs vies devant, dès lors, se confondre jusqu'à la fin, puisque celle-ci ne lui survécut que deux mois.
Dans ses romans, Pierre Molaine introduisait le lecteur dans l’épopée de l’arme blindée durant les années 1939-1940. Ses premiers textes constituaient ainsi une sorte d'apologie de la bravoure, comprise et vécue comme une vertu essentielle qui dispense de toutes les autres.
Dans Batailles pour mourir, même si le récit portait, en sa fin, la date de 1941, la parution du livre dut être reportée en raison de l'interdit jeté sur l'œuvre de Molaine par l'autorité allemande d'occupation. Dans ce "roman-reportage", Molaine rendait hommage aux soldats dont le sacrifice lui paraissait injuste, au demeurant presque oublié dans l'opprobre d'une capitulation.
Pourtant, les héros étaient bien là, combattants valeureux pour une terre qu'ils aimaient, mais victimes innocentes de l'impréparation criminelle de la France devant la montée des périls.
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Les affres de la maladie et de la guerre contraignirent Molaine à un séjour de plusieurs mois en 1948 à l'hôpital Desgenettes de Lyon, séjour durant lequel mûrit le sujet du roman qui fit de lui le lauréat du prix Renaudot en 1950.
Avant son affectation à la direction de la 7e région militaire de Dijon, en 1953, Pierre Molaine eut le temps de produire un nouveau roman, lui aussi fait de violence, de terrible et de furieux.
Le contexte débilitant du moment, particulièrement les guerres coloniales qu'il n'approuvait pas, a-t-il favorisé chez cet admirateur de Bernanos la composition d’un essai sur la Sainte Vierge ?
Dans cet ouvrage, en effet, l'auteur évoquait un pèlerinage sur les pas de la Vierge, au fil des différents lieux de ses apparitions.
En 1958, Pierre Molaine quitta définitivement l’armée et intégra l’administration de l’Éducation nationale. Devenu tardivement professeur de lettres et renouant ainsi avec le contenu de ses études universitaires premières, il puisa dans sa nouvelle fonction le thème et l'inspiration d'une satire féroce, du monde éducatif, parue en inédit posthume après sa mort.
Mais c'est avec un triptyque désinvolte et incisif consacré à la drôle de guerre, que s'acheva la production littéraire officielle du vivant de Molaine.
En 1975, pourtant, sous le pseudonyme de Jean-Luc Faber, parut un roman Où je vais, nul ne meurt, avec pour thème la révolte des Bagaudes(*2), expression symbolique de la Résistance intérieure française.
Pierre Molaine mourut à Lyon, à 93 ans, il venait d’entamer la première des années 2000.
Il repose aujourd’hui non loin de son ainé dans l’armée et la littérature, Claude Farrère, prix Goncourt 1905, pseudonyme de Frédéric Charles Pierre Édouard Bargone(*3).
Personnalité littéraire volontairement discrète et naturellement modeste, peu enclin aux compromissions Pierre Molaine laissait derrière lui une œuvre variée, des personnages passionnés, une quête effrénée de la grandeur, même dans le Mal.
Œuvre inachevée puisque, s'il avait définitivement rompu avec le monde de la littérature dans les années 1970, il poursuivit, dans la solitude de sa retraite une activité d’écriture régulière.
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(*2) Les bagaudes furent des mouvements insurrectionnels constitués de bandes armées de paysans sans terre, d'esclaves, de soldats déserteurs ou de brigands, dans l'Empire romain tardif en Gaule et Hispanie à partir de la fin du IIIe siècle.
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(*3) Pour avoir plus de détails sur le personnage de Frédéric Charles Pierre Édouard Bargone,
on peut aller voir l’article là. . .
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illusionpaulbernardléopoldfaure
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pierremolaine
Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Molaine
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Bordeaux
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bagaudes
https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Farr%C3%A8re
http://pierre.molaine.free.fr/
http://jeangabrielfaure.free.fr/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Batailles_pour_mourir
https://fr.wikipedia.org/wiki/B1_(char)
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Pierre Molaine
United Archives/Roba Archive / Bridgeman Images(recadrée)
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Le char B1 héros de Batailles pour mourir
Un char Renault B1 bis à Aubigny-sur-Nère, Cher en juin 1940.
Par André Lecolinet — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=121091096
Pierre MOLAINE Prix Renaudot,1950
Pierre MOLAINE prise dans les locaux de la maison d'éditions Corrêa lors d'une séance de dédicaces réalisée à la faveur de la remise du Prix Renaudot en décembre 1950. (photo retournée)
Par Armelle — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20828179
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/6f/MOLAINE.jpg/800px-MOLAINE.jpg
Claude Farrère, 1896
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