L’illusion Léonie Marie Julie Bathiat
/image%2F6172132%2F20250801%2Fob_5001b4_arletty-1929-rt-red.jpg)
Léonie Bathiat, fut une actrice et chanteuse française du 20e siècle.
Elle figure dans quelques chefs-d'œuvre du patrimoine cinématographique français des années 1930 et 1940.
Née de parents modestes, Léonie Bathiat passa ses premières années à Courbevoie. Elle était la fille de Michel Bathiat, ajusteur-tourneur pour les tramways de Paris et de Marie Marguerite Philomène Dautreix, lingère. Elle avait un frère aîné, Pierre.
Souffrant de problèmes respiratoires, elle fut mise en pension à l'âge de quatre ans et demi dans la ville de sa famille paternelle, Clermont-Ferrand. Elle reçut une éducation religieuse dans l'institution privée Sainte-Thérèse jusqu'en 1910.
Elle poursuivit ses études à Puteaux à l'Institution Martinois. Le secrétariat étant alors pour les femmes un métier d'avenir, elle étudia la sténographie chez Pigier.
Elle était âgée de 16 ans quand la guerre de 1914 faucha sur le champ de bataille son premier amour, qu'elle avait surnommé «Ciel», en raison de la couleur de ses yeux. Ce drame intime fut à l'origine de sa promesse de ne jamais se marier, pour ne pas devenir veuve de guerre.
Son père, promu chef de traction, mourut le 2 décembre 1916, écrasé par un tramway. De ce fait, Léonie, son frère et sa mère n'eurent plus le droit de résider dans le pavillon affecté aux employés des tramways de Paris.
Ils trouvèrent refuge chez une tante, dans le Marais. Léonie travailla pour aider les siens. Elle fut tourneuse d'obus, et dactylographe quelques temps.
En 1917, elle rencontra Jacques-Georges Lévy sur la plate-forme d'un autobus. Ils avaient le même âge. Il était banquier et suisse : elle le surnomma «Edelweiss». Pygmalion dans l'âme, il fit son éducation culturelle. Il lui apprit à se tenir à table, lui fit lire Proust, l'emmena au théâtre ; il lui montra le Mont Blanc et lui fit visiter Venise. Il lui fit découvrir les grands couturiers, les bons restaurants et la haute société parisienne.
Sa mère la voyant partir vers le monde des femmes entretenues la réprouva ; blessée, elle rompit avec sa famille et emménagea à Garches. Mais Arletty ne voulant pas se marier, ils se quittèrent bons amis.
/image%2F6172132%2F20250801%2Fob_6df1c9_1503407572-arletty-1031108.jpg)
Elle rencontra ensuite le marchand de tableaux Paul Guillaume, qui la recommanda à Armand Berthez, directeur du théâtre des Capucines.
Un temps mannequin chez Poiret, sous le pseudonyme d'Arlette le prénom qu’elle avait choisi dans le roman Mont-Oriol de Maupassant, Berthez anglicisa son nom en Arletty pour mener les revues de l'auteur d'opérettes Rip, où la fantaisie et le luxe étaient de mise.
Dès 1928, elle poussa la chansonnette dans les opérettes et la même année, elle rencontra l'homme d'affaires de bonne famille Jean-Pierre Dubost, qui resta son fidèle compagnon.
Arletty fit ses débuts au cinéma en 1930 avec Victor Boucher dans La Douceur d'aimer.
Sa carrière sur scène prit un tournant décisif, en 1932, dans l'opérette de Raoul Moretti, Un soir de réveillon, aux Bouffes-Parisiens. Puis ce fut, en particulier, Au Bonheur des dames avec Michel Simon, joué près de 500 fois sans interruption malgré leurs désaccords successifs.
Elle rencontra Marcel Carné dans Pension Mimosas qui lui offrit alors l'un de ses plus mémorables rôles au cinéma, celui de Mme Raymonde dans Hôtel du Nord le film de 1938, sur un scénario coécrit par Henri Jeanson, rôle qui la rendit célèbre et la fit entrer de son vivant dans la légende du Paris populaire.
Dans le même registre, elle incarna Marie qu'a-d'ça dans Circonstances atténuantes en 1939 de Jean Boyer, auprès de Michel Simon.
Elle enregistra la chanson de ce film, Comme de bien entendu et de nombreuses ritournelles de ses revues.
En 1939, elle reprit,dans le film réalisé par Maurice Lehmann et Claude Autant-Lara, Fric-Frac, son rôle de "Loulou" créé à la scène en 1936 dans la pièce du même nom.
Dans ce film, elle forma avec Michel Simon un inénarrable duo de petits malfrats dont les accents canailles mâtinés d'argot parisien et même de javanais séduisaient leur victime, le naïf bijoutier incarné par Fernandel.
Durant l'Occupation, Arletty interpréta en 1941 Madame Sans-Gêne de Roger Richebé, le rôle de Dominique dans Les Visiteurs du soir en 1942 et surtout, le personnage de Garance des Enfants du paradis de Marcel Carné tourné en 1943 mais qui ne sortit qu’en 1945.
Côté vie privée, elle entretint alors une relation amoureuse avec Antoinette d'Harcourt, épouse de François-Charles d'Harcourt avec qui elle séjourna en juin 1940 à Collioure dans la maison du peintre Marquet, avant de rencontrer, en 1941 à Paris, Hans Jürgen Soehring, l'un des hommes de confiance de Hermann Göring, qui lui fut présenté par Josée de Chambrun, fille de Pierre Laval.
Fin 1941, l'actrice fut vue dans plusieurs réceptions parisiennes mêlant collaborateurs et personnalités allemandes.
À la Libération, en juillet 1944, Soehring lui proposa de fuir avec lui. Arletty refusa. Le 20 octobre 1944, elle fut arrêtée, non pour fait de collaboration, mais en raison de sa liaison affichée avec Hans Jürgen Soehring. Elle fut internée quelques semaines à Fresnes, avant d'être astreinte à la résidence surveillée pendant 18 mois.
Symbolisant la "collaboration horizontale", elle aurait répondu à ses juges : «Si vous ne vouliez pas que l'on couche avec les Allemands, fallait pas les laisser entrer».
/image%2F6172132%2F20250802%2Fob_ae5c21_main-fantome-h20.png)
Lorsqu'elle fut libérée, on lui conseilla de quitter la capitale. Elle trouva refuge pour dix-huit mois au château de La Houssaye-en-Brie chez des amis résistants.
Son idylle avec l'officier allemand se poursuivit secrètement ; ils passèrent Noël 1946 ensemble. Soehring la demanda en mariage mais elle refusa, fidèle à sa promesse de jeunesse.
En 1946, le comité d'épuration lui infligea un blâme, assorti d'une interdiction de travailler pendant trois ans.
Elle renoua avec le théâtre en 1949 et joua Un tramway nommé Désir dans une adaptation de Jean Cocteau, puis La Descente d'Orphée avec Jean Babilée.
Elle traversa les années 50 et 60 en jouant dans une vingtaine de films.
En 1966, elle perdit son frère et, devenant partiellement aveugle, elle dut interrompre la pièce de Jean Cocteau, Les Monstres sacrés qu’elle jouait au théâtre des Ambassadeurs.
En 1967 Jean-Pierre Dubost, son ami intime et unique compagnon de route décéda.
Elle disparut de la scène et de l'écran, mais prêta sa voix à des documentaires.
À partir de 1984, elle soutint activement l'Association des artistes aveugles et sa présidente fondatrice. Jusqu'à sa mort, Arletty restera fidèle à l'Association, dont elle est pour toujours la présidente d'honneur.
Arletty mourut en juillet 1992 à l'âge de 94 ans, dans son appartement parisien. Athée, elle avait demandé qu'il n'y ait pas de cérémonie religieuse. Le corbillard, lors de son dernier voyage, passa près du canal Saint-Martin et s'arrêta devant l'hôtel du Nord, éponyme du film.
Elle vécut une vie de luxe que lui procurèrent les hommes qu’elle croisa sur son chemin comme si elle avait voulu faire payer à la folie des hommes la mort de son premier amour.
Par testament, Arletty léguait ses biens à ses quatre cousins germains, domiciliés à Clermont-Ferrand et Saint-Éloy-les-Mines.
/image%2F6172132%2F20250802%2Fob_16136d_petit-plus-h10.png)
illusionléoniebathiat
léoniebathiat
léoniebathiat
Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Arletty
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Guillaume_(marchand_d'art)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rip_(auteur)
https://www.bnf.fr/fr/arletty-au-dela-de-la-gouaille
http://www.ajpn.org/personne-Arletty-9627.html
https://www.memoiresdeguerre.com/article-arletty-68314221.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Enfants_du_paradis
https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Monstres_sacr%C3%A9s
/image%2F6172132%2F20250802%2Fob_278986_point-h20.jpg)
couverture
Arletty en 1929 par Madame D’Ora - BnF, Arts du spectacle
https://www.bnf.fr/sites/default/files/2025-04/arletty.jpg
Arletty en 1929 par Madame D’Ora - BnF, Arts du spectacle
https://www.bnf.fr/sites/default/files/2025-04/arletty.jpg
Arletty
source photo : Prod DB
crédit photo : D.R.
http://www.ajpn.org/images-pers/1503407572_arletty_1031108.jpg
Louis Jouvet et Arletty dans hôtel du Nord.
https://imgr.cineserie.com/2021/07/i0qizefylmv9fx_gbktwbc1ebso.jpeg
Arletty en 1939.
Par Studio Harcourt — RMN, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76207043
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Arletty_Harcourt_1939.jpg
Cinévie Magazine N°49- 3 septembre 1946
/image%2F6172132%2F20230329%2Fob_e4bc25_photo-1633889222252-a79bdc892e5c-rt1-r.jpg)
/image%2F6172132%2F20231109%2Fob_b0ef96_les-articles-les-plus-populaires-large.png)
/image%2F6172132%2F20230707%2Fob_67fb6b_dsc-0151-rt-red115.jpg)
/image%2F6172132%2F20210506%2Fob_920259_illusions-d-optique-plan.png)
/image%2F6172132%2F20221204%2Fob_a85c0a_trait-fin-court-bleu.png)
/image%2F6172132%2F20220204%2Fob_03ee24_cone-nuage-pexels-rakicevic-nenad-1262.jpg)
/image%2F6172132%2F20220211%2Fob_78e73d_pixnio-2eca23e2-54c0-416f-b8f2-10bc883.jpg)
Haut de page