L’illusion Endre Ernő Friedmann
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Endre Ernő Friedmann, fut un photographe et correspondant de guerre hongrois du 20e siècle.
Ouvertement engagé à gauche et dans la judéité, il couvrit les plus grands conflits de son époque.
Il fut le compagnon de la photographe Gerda Taro, qui inventa son pseudonyme et lança sa carrière.
Endre Ernő naquit en 1913 à Budapest dans une famille de la bourgeoisie juive hongroise non pratiquante, il était le second fils de Dezsö Friedmann et Julianna Berkovits, propriétaires d'un atelier de couture à Pest.
Il fit de bonnes études mais eut une adolescence agitée, fréquentant les milieux communistes révolutionnaires qu'inspirait son maître à penser, l'écrivain Lajos Kassák.
Très vite, il apprit à capter le regard des riches clientes de la maison de couture familiale, jusqu'à avoir la certitude que le véritable pouvoir est celui de la séduction.
À l’âge de dix-sept ans, il fut arrêté pour avoir participé aux activités antifascistes d’étudiants de gauche. Il fut libéré à la condition qu’il quitte la Hongrie.
Il partit en juillet 1931 pour Berlin où il se donna pour objectif de faire carrière dans le journalisme. Grâce à son amie d’enfance exilée en Allemagne, Eva Besnyő, il trouva un premier travail comme apprenti développeur dans une agence photographique berlinoise.
Bien qu'il ne soit pas passionné par la photographie, il se lança dans cette voie car c'était le métier qui ressemblait le plus au journalisme pour le jeune homme qui ne parlait pas encore allemand.
Parallèlement, il s'inscrivit à l'Université allemande de politique pour suivre des études de sciences politiques de 1931 à 1933. Il s'y ennuya et manqua d'argent car ses parents avaient été ruinés par la grande dépression de 1929.
Il fit la connaissance de Simon Guttmann, patron de l’agence Dephot. L'agence lui fournit un appareil photo pour travailler comme assistant et réaliser des reportages sur le quotidien de Berlin, puis lui donna l’occasion de couvrir son premier sujet, Léon Trotski venu donner un meeting sur la révolution russe.
Il partit en novembre 1932 pour Copenhague afin d'y photographier Trotski. Son reportage fit immédiatement sensation, composé d'images avec une intensité et une proximité qui ancra son style.
Il quitta l’Allemagne en 1933 à l'arrivée d'Hitler au pouvoir, gagna Vienne puis Paris à l’automne 1934 où il rencontra Henri Cartier-Bresson dans les cafés de Montparnasse, ainsi que d'autres Juifs émigrés comme lui.
Endre Ernő Friedmann décida de franciser son prénom et se fit désormais appeler "André Friedmann".
En septembre 1934, au café A Capoulade dans le quartier latin, il fit la connaissance de Gerta Porohylle, une étudiante allemande antifasciste d'origine galicienne, photographe. Il fréquenta l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires où elle était inscrite.
Au printemps 1935, il effectua un premier séjour en Espagne pour une série de reportages.
En 1935, alors que ses photos ne se vendaient pas, il créa, en compagnie de Gerta, un subterfuge, en décidant de prendre un pseudonyme : "Robert Capa", un nom proche de celui du réalisateur Frank Capra. Avec ce pseudonyme, il inventa tout un personnage autour de lui, Capa était américain, Capa était chic, Capa était riche, dont André n’aurait été que l'assistant, ainsi il gagna en notoriété.
Plusieurs versions ont été données sur l'origine du prénom de ce pseudonyme. Il aurait été choisi en référence à l'acteur américain en vogue Robert Taylor.
En 1936, il se rendit en Espagne avec Gerta, qui à son tour se forgea un pseudonyme, "Gerda Taro", ensemble il couvrirent la Guerre civile aux côtés de troupes républicaines, en publiant ses photographies au sein des magazines Vu, Regard, Ce Soir, Weekly Illustrated, Picture Post et Life.
La même année, il participa à la création de l’agence Alliance-Photo aux côtés de Pierre Boucher et de Maria Eisner. Il immortalisa notamment le Front populaire.
En août 1936, il partit avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la guerre civile espagnole sur le front républicain, pour les magazines Vu et Regards.
Lors de leur premier séjour en août 1936, il ne photographia pas de combats, il s'attacha surtout à réaliser des portraits de combattants républicains à l'équipement rudimentaire, mais animés par une grande ferveur politique.
La presse apprécia les images de femmes miliciennes à l'entrainement.
En Espagne, il devint un fervent antifasciste qui alla même jusqu'à monter certaines photos de toutes pièces, notamment une improbable victoire des forces républicaines.
Lors de ses séjours ultérieurs, il couvrit les combats, notamment à Madrid en novembre et décembre 1936. Capa photographia les populations qui subissaient les bombardements et les Brigades internationales, son reportage intitulé "La Capitale crucifiée" le fit entrer dans l'histoire du photojournalisme.
En janvier 1938, Robert Capa publia un reportage dans Ce soir sur la bataille de Teruel et la reddition des franquistes sans photographies. En écrivant "La ville était à nous", Capa manifestait ouvertement qu'il avait choisi son camp.
C'est pendant ce séjour en Espagne qu'il prit la photographie qui lui valut sa grande renommée et qui fut à l’origine du mythe Capa. Intitulée Mort d'un soldat républicain, elle représentait un milicien des forces républicaines, en chemise blanche, s’effondrant après avoir été touché par une balle. Cette photo symbolisa la guerre d’Espagne et resta gravée dans la mémoire collective.
Une polémique sur l’authenticité de la photo commença en 1975. Ayant mené leur enquête, les partisans de l'authenticité identifièrent le milicien : il s'agissait du militant anarchiste Federico Borrell García, lequel avait bien été tué le 5 septembre 1936 à Cerro Muriano.
Mais, résumant les conclusions de l'universitaire basque José Manuel Susperregui, le journal El Periódico de Catalunya affirma en juillet 2009, clichés comparatifs à l’appui, que la photo n’avait pas été prise près de Cerro Muriano, mais près de la localité d’Espejo à 50 km de là, endroit où il n’y avait pas de combats à la date de la prise de vue.
L’affaire resta en débat, le photographe étant rangé du côté des "gentils". Il est probable qu’il en aurait été tout autrement si celui ci avait été un "méchant".
Alors que Robert Capa revint à Paris, Gerda Taro restée en Espagne mourut le 26 juillet 1937, écrasée accidentellement par un char d'assaut républicain lors des combats de la bataille de Brunete.
Capa anéanti par sa disparition, ne retourna qu'un an après en Espagne. Jusqu’à la fin de sa vie, il aimait à dire que Gerda et lui étaient unis par le mariage.
En 1938, envoyé par le magazine Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise, il prit une photo d’un enfant chinois habillé en militaire qui fit la couverture du magazine.
Confronté aux lois françaises contre les "étrangers indésirables", il quitta Paris en octobre 1939 et émigra à New York.
En 1940, voué à être expulsé à l'expiration de son visa aux Etats Unis, il obtint un statut légal en séduisant une jeune mannequin, Toni Sorel, qui accepta de se marier en échange d'un an de leçons de danse que le photographe lui offrit.
À New York, il fut chargé par le magazine Collier's de couvrir le front d’Afrique du Nord en 1942.
Le 6 juin 1944, toujours pour Life, il fit partie des rares photographes présents lors du débarquement allié en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach face à Colleville-sur-Mer.
Capa prétendit qu’il avait pris cent dix neuf photos dont seulement onze photos à peu près acceptables, mais plutôt floues, furent sauvées d’un accident de développement. Cette série de photographies est connue sous le titre de Magnificent Eleven.
Cette version fut cependant remise en cause en 2014-2015 par le critique new-yorkais A. D. Coleman et le rédacteur en chef de Life John G. Morris, qui relevèrent plusieurs incohérences.
Selon eux, les onze photos connues aujourd'hui sont les seules que Capa avait prises durant le débarquement et l'histoire du laborantin maladroit fut une invention destinée à construire la légende d'un Capa héroïque auteur d'une centaine de clichés durant les six heures de la bataille, alors qu'il n'y serait resté que trente minutes.
Encore une fois, si le photographe n’avait pas été du côté des "gentils". . .
À la Libération, Capa prit des clichés de femmes tondues à Chartres, dont le célèbre La Tondue de Chartres qui fut publié par Life et d'autres journaux, comme un témoignage sur l’épuration en France.
Lors de la Libération de Paris, Leclerc interdit aux correspondants de guerre de suivre les troupes de la 2e DB. Robert Capa put cependant les accompagner grâce aux hommes de La Nueve, 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, composée en majorité d'Espagnols anti-franquistes qui le montèrent sur un de leurs halftracks.
Les amitiés anti-franquistes. . .
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En 1947, il fonda avec David Seymour, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert et George Rodger la coopérative photographique Magnum.
En 1948, il choisit de partir à ses frais, sans contrat, pour assister à la naissance de l’État d’Israël. Il développa un lien étroit avec le jeune État, où il se rendit à plusieurs reprises entre 1948 et 1950.
Il réalisa un film propagandiste, The Journey, pour l'organisation juive de New York United Jewish Appeal et participa par ses photos à promouvoir l'image d'Israël dans les médias américains et rejouer les mythes fondateurs de la légitimation de l'État juif.
En 1954, le magazine Life avait besoin d’un photographe pour couvrir la guerre d’Indochine. Se trouvant alors au Japon pour une exposition de Magnum, Robert Capa se porta volontaire.
Le 25 mai 1954, au Tonkin, sur la route menant à la ville de Thái Bình dans le Nord du Viêt-Nam actuel, voulant prendre une photo d'ensemble d'un groupe de soldats français, il s’écarta de la route où progressait la troupe et mit le pied sur une mine antipersonnel. Il succomba presque instantanément à ses blessures.
Robert Capa mourut à l’âge de 41 ans.
Robert Capa avait couvert les plus grands conflits de son époque et était l'un des fondateurs de la première coopérative photographique.
Le style de Robert Capa, se traduisait par des photographies prises au plus près de l’homme et de l’action.
«Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près.» disait Robert Capa.
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Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Capa
https://www.polkamagazine.com/photographe/robert-capa/
https://sites.google.com/site/grandsphotographesdu20eme/capa-robert
https://fr.wikipedia.org/wiki/Deutscher_Photodienst
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Robert Capa
© Ruth Orkin / Collection Capa / Magnum Photos.
https://www.polkamagazine.com/photographe/robert-capa/
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Débarquement Omaha Beach, Colleville sur Mer, 6 juin 1944
Haifa, Israël, 1950
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