L’illusion Marie Desmares
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Marie Desmares, fut une actrice du 17e siècle.
Marie naquit le 18 février 1642 à Rouen, fille de Nicolas Guillaume Desmares, receveur du domaine de Normandie, et Marie Marc.
Après le décès de son père, Guillaume Desmares, en 1753, probablement victime de l’épidémie de peste, sa mère, Marie, se remaria avec Antoine Laguerault, gros propriétaire terrien d’Eauplet, territoire de la commune de Bonsecours, qui fit donner à sa belle-fille une instruction de base tout à fait suffisante pour l’époque: Marie sut ainsi lire, écrire et compter.
Petite-fille d’un président au parlement de Normandie, qui déshérita son fils pour le punir de s’être marié sans son consentement, Marie fit très tôt ses débuts d’actrice à Rouen. Elle épousa à 15 ans en 1657, l’acteur Pierre Fleurye originaire d'Harfleur, qui mourut quelques années plus tard en 1665, à 35 ans.
Jeune veuve, elle se remaria le 9 janvier 1666 à la Paroisse Saint-Eloi à Rouen, avec l’acteur Charles Chevillet, connu à la scène sous le nom de «Monsieur de Champmeslé». Jusqu'alors membres d'une "troupe de campagne", la troupe de François Serdin, ils entrèrent en 1668 dans la troupe du Théâtre du Marais, où Marie incarna Vénus dans La Fête de Vénus de l’abbé Claude Boyer, créée le 15 février 1669.
L’année suivante, le couple Champmeslé passa à l'Hôtel de Bourgogne durant la relâche de Pâques, la maladie puis la mort de la vedette tragique de l'époque, Mlle Des Œillets, imposant l'engagement d'une nouvelle actrice de grand talent pour le tragique. Marie commença par reprendre à la Des Œillets le rôle d'Hermione dans Andromaque de Jean Racine, puis la même année elle obtint naturellement le rôle-titre de la nouvelle tragédie Bérénice.
Sa relation amoureuse avec Charles de Sévigné, fils de la marquise de Sévigné, qui débuta vers 1669, fut marquée par une rivalité avec le dramaturge Jean Racine, qui courtisait également l'actrice.
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Rivale de la Du Parc, elle lui succéda sur scène et dans le lit de Jean Racine qui lui écrivit ses plus grands rôles féminins : elle fut ainsi tour à tour Roxane dans Bajazet, Monime dans Mithridate en 1673, Iphigénie en 1674 et Phèdre dans Phèdre et Hippolyte en 1677, sans doute son plus grand succès.
Cette dernière pièce fut un véritable triomphe, mais Racine, qui devait préparer son accession au statut exceptionnel d'historiographe du roi, dut se ranger en cessant de mener une vie adultère et en faisant un sage mariage. Il se sépara de la Champmeslé vers la fin du premier trimestre 1677.
Le fait que ce soit un demi-aventurier, aristocrate perdu de réputation, le comte de Clermont-Tonnerre, qui ait succédé à Racine dans les bras de la Champmeslé valut à celle-ci d'être moquée par un quatrain qui circula dans Paris :
À la plus tendre amour elle était destinée,
Qui prit assez longtemps Racine dans son cœur ;
Mais par un insigne malheur
Un Tonnerre est venu, qui l’a déRacinée.
Deux ans plus tard elle passa avec son mari à l’hôtel Guénégaud, dans l'ancienne troupe de Molière qui avait fusionné après la mort de celui-ci avec la troupe du théâtre du Marais. Elle y apporta les rôles que Racine lui avait écrits et permit ainsi à Guénégaud de profiter de ce répertoire tragique, incluant les tragédies de Corneille, qui fut la quasi propriété de l'Hôtel de Bourgogne du fait de la supériorité incontestée de Mlle de Champmeslé dans ce répertoire.
Le comte de Clermont-Tonnerre, se maria en 1679, ce fut alors le poète Charles-Auguste de La Fare, qui eut une brève passion pour la célèbre tragédienne, après sa rupture avec Marguerite de La Sablière la même année.
Marie Desmares dite Mademoiselle de Champmeslé mourut le 15 mai 1698 à Auteuil à l'âge de 56 ans, dans la maison de son ami Jean Favier, danseur à l'Opéra.
Sa santé s'était altérée peu de temps après avoir terminé la représentation d’Oreste et Pylade, tragédie de Lagrange-Chancel, pièce dans laquelle elle jouait encore à presque 60 ans.
Affrontant la mort, elle subit les pressions des curés de Saint-Sulpice et d'Auteuil qui menaçaient de refuser les sacrements de l'Église à une comédienne. Pour obtenir la sépulture chrétienne, elle renonça publiquement à son métier et à sa vie passée, un acte qui suscita l'amertume de son ancien amant, Jean Racine. Néanmoins, elle ne fut pas inhumée dans l'un des cimetières de Saint-Sulpice.
Il ne reste rien de sa tombe.
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Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mademoiselle_de_Champmesl%C3%A9
https://www.tombes-sepultures.com/crbst_580.html
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7786=
https://agvosupport.wordpress.com/la-champmesle-tragedienne-rouennaise/
https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/champmesle-mademoiselle#
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couverture
Portrait de Marie Desmares La Champmeslé (1642-1698) actrice dans le rôle de Roxane
Portrait de Marie Desmares La Champmeslé (1642-1698) actrice dans le rôle de Roxane
Gravure d’après un portrait anonyme exposé au Trocadéro en 1878.
Par Anonyme — Emile Mas, La Champmeslé, Paris: Alcan, 1932, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1332011
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