L’illusion Julie Regnault
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Jeanne Julie Regnault, fut une comédienne française du 20e siècle.
Jeanne, fille de Charles-Ferdinand Regnault, chef du personnel au Palais de l’Industrie et de Marie-Malvina Beck, naquit le le 28 octobre 1854 à Paris, dans une famille modeste qui n’en était pas moins cultivée.
Sa grand-mère Marie-Nicole Regnault était employée de vestiaire à la Comédie-Française, et en 1861, alors que Jeanne Julie n’avait que sept ans, elle l’emmena assister à la première représentation d’On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset, créée le 18 novembre de la même année.
Fille d’un modeste employé du Louvre où elle était logée, c’est donc en voisine que la petite Julie fréquenta Le Français, avec sa grand-mère.
Ce premier contact avec la scène fut une révélation pour la jeune fille : elle voulut devenir comédienne. Durant les années qui suivirent cette découverte, elle assista à un grand nombre de pièces qui étaient jouées dans la salle Richelieu.
Quelques années plus tard, voyant la persévérance de sa fille, Mme Regnault la recommanda à Mme Provost-Ponsin, sociétaire de la Comédie-Française, et cette dernière la prépara au concours d’entrée au Conservatoire de Paris. La guerre retarda les projets de la jeune fille, elle ne passa le concours d’admission que le 21 novembre 1871 où elle déclama une scène de Bajazet ainsi qu’une tirade du Barbier de Séville.
Elle réussit le concours et fut admise dans la classe de Régnier de La Brière, ancien comédien.
Afin d’éviter la confusion avec l’actrice Alice Regnault, elle décida de changer de nom. Modifiant légèrement son second prénon, elle choisit un nom «neutre» sans référence familiale, mais plus rythmé, elle s’appella désormais Julia Bartet.
Elle n’avait alors que dix-sept ans. Quelques mois de cours lui suffirent pour obtenir un second accessit de comédie au concours de fin d’année. Elle fut immédiatement engagée au Théâtre du Vaudeville où elle débuta en septembre 1872 dans le rôle de Vivette de l'Arlésienne d'Alphonse Daudet. Elle y obtint un vif succès.
Grâce à son talent, et en dépit de sa jeunesse, elle se fit rapidement une place de premier plan dans ce théâtre, surtout après son interprétation de Madame Bellamy dans l’Oncle Sam de Victorien Sardou, en 1873.
Elle fut admise à la Comédie-Française en septembre 1879.
Elle en devint la 307e sociétaire en décembre 1880 par un vote unanime du comité, une fois accomplis les trois débuts d’usage : dans la comédie : rôle de Mlle Henderson dans Daniel Rochat de Victorien Sardou en février 1880 ; dans le drame : rôle de la Reine dans Ruy Blas de Victor Hugo ; dans la tragédie : rôle d’Iphigénie de Racine.
À cette époque, où l’administrateur général du théâtre, Émile Perrin, qui avait le goût de la modernité, ouvrit le répertoire à de nombreuses pièces nouvelles, la polyvalence de Julia Bartet lui permit de tenir les rôles de jeune première du répertoire classique, des reprises récentes et des créations nouvelles.
Notamment, elle insista pour que l'on reprenne Bérénice de Racine en 1893, pièce oubliée en raison de la Révolution, mise en scène par Mounet-Sully. Son succès fut immense.
À titre d’exemple montrant la large variété des rôles tenus et l'étendue de son talent, on remarqua son Andromaque de Jean Racine en 1901, où elle fut la première à adopter une robe grise pour le rôle.
Dès lors, plus aucune pièce importante, créée ou reprise, ne se fit sans elle. Enfin, elle tint les premiers rôles féminins dans de nombreuses créations.
Son excellence dans tous ces domaines la fit qualifier de «divine Bartet». Elle fut décorée de la Légion d'honneur au grade de chevalier en 1906. En 1908, elle fit une saison à Londres.
Le tout jeune cinéma se devait de s’intéresser à Julia, et avec Paul Mounet, elle tourna en 1909, pour le Film d’art, Le Retour d'Ulysse dirigé par André Calmettes.
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À 65 ans, en 1919, en pleine gloire, elle quitta la Comédie-Française en jouant Bérénice lors de la création de L'Hérodienne, héroï-comédie tragique d'Albert du Bois, et elle prit définitivement sa retraite du théâtre.
Elle se consacra ensuite à la peinture où elle peignait des natures mortes et des intérieurs de son appartement parisien, aimant représenter les meubles anciens et objets délicats qui l'entouraient.
Plusieurs de ses toiles sont conservées au musée Lambinet à Versailles.
En janvier 1920, elle devint sociétaire honoraire de la Comédie Française, et fut promue au rang d'officier de la Légion d'honneur.
Julia Regnault, dite Mademoiselle Bartet, mourut le 18 novembre 1941 dans son appartement du 8e arrondissement de Paris où elle avait vécu plus de 40 ans.
Comédienne incontournable de la Belle époque, Julia Bartet est aujourd’hui moins connue du grand public que sa contemporaine Sarah Bernard. Elle a pourtant, excellé aussi bien dans le répertoire classique que dans le théâtre de moeurs, ce qui lui valu d’être surnommée «la divine», et fut l'un des modèles de Marcel Proust pour la Berma.
Restée toujours un peu timide, Julia Bartet n’a pas construit sa légende personnelle, au contraire de la grande Sarah. Pourtant, comme l’écrit Albert Dubeux dans l’ouvrage qu’il lui a consacré en 1938, «le théâtre compte peu de réussites aussi nobles.»
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mademoisellebartet
Sources
https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/mlle-bartet
https://fr.wikipedia.org/wiki/Julia_Bartet
https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/julia-bartet-la-divine
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Julia Regnault dite Julia Bartet en Marion de Lorme photographiée par Chéri-Rousseau.
Par Chéri-Rousseau — gallica.bnf.fr, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=176136057
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Julia Bartet, portrait par Nadar
Par Original téléversé par Justelipse sur Wikipédia français. — Transféré de fr.wikipedia à Commons par Korrigan utilisant CommonsHelper., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7745481
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Intérieur de l'appartement de Julia Bartet (1937)
Photos © Corinne Martin-Rozès/Versailles in my pocket
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