L’illusion Marguerite Weymer
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Marguerite-Joséphine Weimer, fut une actrice française de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle.
Selon de nombreux témoignages, elle fut la tragédienne qui a jeté le plus vif éclat sur la scène française de l’époque.
Marguerite-Joséphine naquit le 23 février 1787 à Bayeux dans une famille d’artistes, son père Antoine Georges Wiemer était comédien et chef d’orchestre et sa mère, Marie Madeleine Verteuil, était la tante de Jules Verteuil, le secrétaire de la Comédie-Française, et elle-même actrice.
Marguerite-Joséphine prit le prénom de son père comme nom de théâtre, lequel, passé à la postérité comme Mademoiselle George, adoptant la forme féminine du prénom, mais qu'on trouvait souvent écrit de son vivant, avec son « s » final.
Ayant suivi son père à Amiens, dont il devait, par la suite, diriger le théâtre, Marguerite débuta dans cette ville dans le drame et l’opéra-comique, sous la direction de celui-ci.
Dès l’âge de cinq ans, elle joua les rôles d’enfants dans Les Deux Chasseurs et la Laitière, Paul et Virginie, Les Deux Petits Savoyards, et Le Jugement de Pâris. La célèbre cantatrice Madame Dugazon, en tournée à Amiens, lui apprit le rôle d’Adolphe dans Camille ou le Souterrain.
S’émerveillant de la gentillesse et de la précocité de la petite actrice, elle s’éprit de l’enfant et demanda à son père de la lui confier. «Je me charge de sa fortune», ajouta-t-elle, mais Georges Weimer, qui adorait sa fille, ne voulut pas s’en séparer.
Quelques années plus tard, en 1801, la célèbre Mademoiselle Raucourt, chargée de recruter pour la Comédie-Française, une élève à laquelle le gouvernement allouait une pension confortable à celle qui serait jugée digne des leçons de la tragédienne, se trouva de passage à Amiens, où Mademoiselle George, alors âgée de quatorze ans et en paraissant dix-huit, lui donna la réplique dans Didon et dans Phèdre. George s’acquitta si bien des rôles d’Élise » et d’Aride, que Mademoiselle Raucourt, ayant fait connaître aux Weimer les conditions du ministre, obtint d’emmener à Paris celle dont la célébrité devait un jour surpasser la sienne.
Mademoiselle George monta à Paris où elle suivit, étroitement chaperonnée par sa mère, les leçons de la Raucourt dans l’ancienne petite chaumière de le femme d’influence Thérésa Tallien.
Raucourt était, à cette époque, la reine tragique sans rivale au Théâtre-Français, où elle se faisait remarquer par la noblesse de son jeu et la pureté de sa diction, mais dont on trouvait qu’elle manquait de sentiment et de tendresse.
Sa jeune élève, sensible, douée d’une voix chaude et bien timbrée, étendue et sonore, flexible et puissante, apporta ce qui manquait à son professeur et sut allier à ses hautes qualités celles d’un jeu naturel et passionné.
Mademoiselle George fit ses débuts le 29 novembre 1802, avec Clytemnestre dans la pièce Iphigénie en Aulide de Jean Racine.
Son entrée en scène fut le début d’un triomphe général acclamant tant sa beauté que sa voix, souple et riche, à la diction pure et élégante. Elle joua trois fois le rôle de Clytemnestre qui fut un succès, puis elle passa à celui d’Aménaïde et le succès alla croissant. Enfin elle aborda le rôle d’Idamé, de l’Orphelin de la Chine, la tragédie de Voltaire.
C’est vers cette époque qu’après avoir été la maitresse de Lucien Bonaparte, elle devint celle de son frère, le premier consul Napoléon Bonaparte, ce qui poussa sa rivale Mademoiselle Duchesnois à monter une cabale, qui divisa les amateurs de théâtre en deux camps.
Il y eut deux partis dramatiques, et presque politiques, au Théâtre Français : les Georgiens et les Circassiens, partisans de Duchesnois.
Les Georgiens ayant persuadé leur idole, comme riposte aux criailleries des Carcassiens, de jouer Phèdre, le triomphe de la Duchesnois, la victoire resta à George, qui fut admirable de passion dans le chef-d’œuvre de Racine.
En 1802, George, protégée par Bonaparte, et Duchesnois par Joséphine, furent engagées au Théâtre-Français.
En 1804, le ministre Chaptal mit fin à la querelle qui opposait les deux tragédiennes en les nommant sociétaires toutes deux le même jour, par ordre alphabétique, en définissant bien leurs emplois, Mademoiselle Duchesnois reçue 216e sociétaire, Mademoiselle George reçue 217e.
En 1806, Mademoiselle George créa le rôle de la Reine, dans Les Templiers, de Raynouard, avec succès. Elle créa ensuite le rôle de Mandane dans la tragédie d’Artaxerxès de Delrieu, le 30 avril 1808.
Dans ces années là, sa relation galante avec le Duc de Wellington aurait aboutit à la naissance de 2 garçons, Arthur Richard et Charles, en Irlande en 1807, et 1808.
Au jour de la cinquième d’Artaxerxès, le 11 mai, elle disparut, sur ordre de Talleyrand dont elle était devenue l'agent, avec pour mission, notamment, de séduire le tsar Alexandre Ier dont elle eut deux filles, Maria Alexandrovna Parijskaïa, en 1814 et Wilhelmine Alexandranova Parijskaïa, en 1816, qui restèrent en Russie.
Sa seule rivale sur la scène russe était Catherine Semenova.
La tragédienne, idole des Russes, royalement rémunérée et comblée de présents, menait un train princier, se promenait souvent dans une magnifique calèche attelée de quatre alezans de l’Ukraine. Ses diamants furent légendaires. Quand l’empereur Alexandre l’apercevait, il descendait de sa voiture pour la saluer.
Le 28 septembre 1808, elle représenta Cinna à Erfurt devant l’Empereur, le Tsar et le roi de Saxe.
Quelque temps avant l’entrée de Napoléon en Russie, Mademoiselle George avait sollicité la permission de quitter Saint-Pétersbourg.
Comme elle refusait avec énergie d’obéir aux ordres de la police russe lui enjoignant d’illuminer les fenêtres de son domicile à chaque nouvelle victoire russe, le tsar finit par lui donner l’autorisation de partir.
Elle fut admirablement reçue par Bernadotte à Stockholm où elle resta trois mois.
Au mois de juin 1813, elle partit pour la Westphalie où elle fut reçue par le roi Jérôme Bonaparte.
L'exil volontaire de mademoiselle George lui donna une stature européenne. En France, bien que son départ ait scandalisé, son retour fut un triomphe. Les transgressions de George ne firent qu’accroître sa célébrité.
Réintégrée, grâce à Napoléon Ier, à la Comédie-Française avec part entière, et le temps de son absence compté comme présence, Mademoiselle George reparut avec succès dans Clytemnestre.
Elle hérita de la succession de Mademoiselle Raucourt qui, retirée, ne jouait plus.
Quand Napoléon tomba et fut exilé, sa chute fut un poignant chagrin pour Mademoiselle George. Aussi, lors du retour de l’île d'Elbe, Mademoiselle Mars et Mademoiselle George, voulant assister à la rentrée de l’Empereur, portaient des chapeaux de paille de riz blancs, ornés d’énormes bouquets de violettes. À partir de ce jour, les violettes devinrent un symbole.
Sollicitée sur toutes les scènes d’Europe, elle voyageait beaucoup, mais après la chute de l'Empire et le retour des Bourbons, son dévouement affiché à Napoléon, lui valut d'être expulsée de la Comédie-Française le 8 mai 1815.
Mademoiselle George continua alors pendant cinq ans, de 1816 à 1821, la série triomphale de ses représentations sur les scènes de toutes les grandes villes françaises. Elle reprenait là une habitude ancienne.
Elle y poursuivit aussi les rencontres galantes, ainsi avec Felix Harel, ci devant préfet des Landes dont elle eut un fils à Bordeaux, Louis Marie en 1819, qui semble-t-il fut le seul de ses enfants a être né en France et qui fut reconnu Louis Marie Harel en 1836.
Bien que l’acte de naissance Bordelais de 1819, fasse état de Elisabeth George Wiemer, on sait que dix ans plus tard Marguerite-Joséphine Weimer, résida à Paris avec Charles-Jean Harel, directeur du théâtre de la porte Saint Martin et ancien préfet des Landes, dont elle fut la maîtresse "officielle" et domiciliée bd St Martin, l’adresse indiquée en 1836 sur la reconnaissance de l’enfant.
À cette époque, en 1817, Waterloo était déjà loin, Louis XVIII, voulant lui prouver le cas qu’il faisait de son talent, lui accorda un bénéfice à l’Opéra, dans Britannicus, avec le concours de toute la Comédie-Française.
Sans abandonner les chefs-d’œuvre classiques, Mademoiselle George se livra, corps et âme, à l’interprétation des drames romantiques et devint le porte-bannière de la nouvelle école.
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Ayant pris sa retraite en mai 1849, elle vécut dans la gêne et obtint la place d’Inspectrice du Conservatoire, auparavant dévolue à Mademoiselle Mars.
Elle fut oubliée de tous, son physique de statue grecque était désormais celui d'une femme grosse et obèse.
Elle reparut encore sur la scène de la Comédie-Française, en 1853, pour une représentation dans Rodogune, qui laissa les spectateurs stupéfaits de lui voir encore tant de puissance.
Marguerite-Joséphine Weimer, dite Mademoiselle Georges puis Mademoiselle George, mourut d'une congestion pulmonaire à son domicile, rue du Ranelagh, le 12 janvier 1867 à Passy, maintenant dans le 16e arrondissement de Paris, à presque 80 ans.
On alla en foule à son inhumation. Ses funérailles furent payées par Napoléon III.
George la passionnée, fut une fervente amoureuse de la Liberté ! Montée sur les planches tout enfant, Mademoiselle George devait, en soixante ans de théâtre, interpréter les plus grandes pièces classiques et modernes avec autant de succès.
Contrairement à sa rivale Mademoiselle Duchesnois, soutenue par l'impératrice Joséphine, Mademoiselle George devait sa renommée dans toute l’europe à une beauté sculpturale, une voix chaude et puissante, et une capacité unique à incarner la noblesse et la fureur des reines tragiques.
Elle avait imposé un style.
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mademoisellegeorges
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sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mademoiselle_George
https://gw.geneanet.org/dil?n=weimer&oc=&p=marguerite+josephine&type=fiche
https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Orphelin_de_la_Chine
https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9r%C3%A9sa_Tallien
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Raynouard
https://bicentenaireadieuxdefontainebleau.wordpress.com/
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https://gw.geneanet.org/dbarthe2?n=weimer&oc=&p=marguerite+josephine&type=fiche
https://gw.geneanet.org/fairbro?n=weimer&oc=&p=marguerite+josephine+georges&type=fiche
https://gw.geneanet.org/dvercoutere?n=weimer&oc=&p=marguerite+josephine&type=fiche
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Miniature de Mademoiselle George av. 1867.
Par Auteur inconnu — Joconde, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48037260
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f1/Mademoiselle_George_miniature.jpg
Mademoiselle George par Jules Champagne.
Par Jules Champagne — Bibliothèque nationale de France, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=69498103
Mademoiselle George, les dernières années.
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